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Homophobie

Etats homophobes, Etats criminels

publié en ligne : 14 octobre 2007 dans Action 109

La situation des gays en Iran est catastrophique, après les emprisonnements, ils assistent à la pendaison des leurs. Sans une mobilisation forte de la communauté internationale, le régime en place qui veut nier leur existence, continuera à tout mettre en œuvre pour que cela devienne réalité.

Alors que depuis 2002 aucune exécution publique n’avait eu lieu, Téhéran a renoué cet été 2007 avec les actes barbares : le 22 juillet, 12 hommes ont été pendus après avoir été accusés de divers crimes dont la sodomie ou des comportements jugés « immoraux ». 4 hommes avaient déjà été pendus une semaine auparavant. L’orientation sexuelle des condamnés figurait parmi les chefs d’inculpation. 17 personnes ont ensuite été exécutées à Téhéran, sans qu’ait été révélé leur identité ni les chefs d’inculpation qui leur ont valu d’être condamnées.

Le 25 juillet, nous organisions un zap phone fax (blocage des lignes téléphoniques et fax par des appels incessants et nombreux) afin d’obtenir que du ministère des Affaires Etrangères condamne ces meurtres. Ce n’est que suite à cette action, que le directeur de cabinet de Bernard Kouchner a demandé une note à ses services afin de déterminer « la réaction appropriée de la France dans cette affaire » alors que les exécutions étaient annoncées depuis le 10 juillet.

Le 26 juillet, le Quai d’Orsay convoquait le chargé d’affaires iranien à Paris pour lui faire connaître la position de la France suite aux pendaisons des dernières semaines. Le ministère s’est engagé à condamner ces pendaisons (voir ci-dessous).

Pour que le message soit exprimé de façon plus claire, un rassemblement était organisé le surlendemain, sur le parvis des Droits de l’Homme à Paris. Une centaine de militantEs des droits humains, des droits des personnes LGBT et contre la peine de mort ont protesté et manifester leur soutien aux détenus gays iraniens.

Une fois de plus, sans la mobilisation des associations, le ministère des Affaires étrangères aurait certainement laissé faire. Combien de pendus supplémentaires lui aurait-il fallu pour réagir ? Nous attendons désormais que Paris continue à faire pression sur Téhéran pour que ces pendaisons s’arrêtent. Nous les tenons responsables du sort futur de ces Iraniens menacés de mort.

Le cas de Hamid

Alors que les exécutions se succédaient, que les protestations s’enchaînaient, l’association Iranian Queer Organization (IRQO) nous informait qu’un jeune gay iranien de 21 ans, à Paris depuis un an et demi, était en danger d’expulsion vers l’Iran, pays qu’il avait quitté en raison de son orientation sexuelle. Les autorités françaises négociaient avec l’ambassade d’Iran son expulsion, équivalent d’une condamnation à mort, alors qu’il avait déposé un dossier de demande d’asile. Mobilisés sur ce dossier, nous l’avons accompagné dans ses démarches auprès de la Préfecture, et il a obtenu en août, une carte de séjour de 10 ans. Nous espérons que son ami, exilé iranien pour les mêmes raisons, obtienne l’équivalent.

La position de la France

La France, qui, comme ses partenaires européens, s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances et en tous lieux, condamne l’exécution de douze citoyens iraniens survenue le 22 juillet. La France relève avec une préoccupation particulière qu’un officiel iranien avait annoncé le 10 juillet que l’orientation sexuelle des condamnés figurait parmi les chefs d’inculpation. Ces condamnations et ces exécutions viennent s’ajouter à la lapidation pour adultère d’un homme le 5 juillet et pourraient annoncer d’autres exécutions.

A la demande de Mme Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, le chargé d’affaires iranien à Paris a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et européennes ce matin. Nous lui avons marqué notre extrême préoccupation et rappelé :
- notre opposition à la peine de mort en toutes circonstances,
- notre engagement en faveur de son abolition universelle,
- notre attachement au respect, par les autorités iraniennes, de leur moratoire de 2002 sur les lapidations,
- notre appel à ce qu’aucune autre condamnation à la lapidation ne soit exécutée.

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