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Les promesses d’un G8 contre le sida seront-elles tenues ?

publié en ligne : 27 mai 2003

Ce communiqué de presse a été rédigé par Aides et Act Up-Paris.

Il y a deux ans, le G8 de Gênes a été l’occasion de créer le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Présidant le G8 à Evian en 2003, la France affiche depuis plusieurs mois sa volonté d’impulser, dans le domaine de la lutte contre le sida, une solidarité internationale à la hauteur des besoins.

Le 21 février 2003, lors du Sommet France-Afrique à Paris, Jacques Chirac déclarait : « A cette mobilisation de l’Afrique [dans le domaine de la santé, en particulier le SIDA], il faut que réponde la mobilisation de la communauté internationale, à commencer par celle des pays du G8. La prochaine étape, c’est donc Evian où cet engagement réciproque doit commencer à être appliqué. »

Nous regardons cependant ces discours avec beaucoup de scepticisme. En effet, la France 4ème puissance mondiale n’est que le 19ème contributeur de l’Onusida. Quel montant annoncera-t-elle à Évian pour sa contribution au Fonds mondial, un fonds qui doit obtenir en urgence 1,4 milliards de dollars supplémentaires pour pouvoir assurer le troisième appel à projet qui aura lieu en octobre prochain ?

Le volontarisme français se traduira-t-il une fois de plus par des paroles suivies de piêtres engagements concrets ? Deux options sont actuellement discutées par les responsables politiques français : l’annonce à Évian d’une contribution au Fonds mondial de l’ordre de 100 millions d’euros ou celle d’une somme de 500 millions d’euros (proportionnelle, en PNB, à l’annonce américaine de 3 milliards par an).

100 millions : la pénurie est entérinée

Dans un contexte d’inertie des Etats du G8 sur les autres fronts (aucune avancée sur l’accès aux génériques à l’OMC, pas d’efforts sur la recherche développement pour les maladies négligées au Sud) un si faible engagement de la France sera regardé comme une invitation aux autres Etats et aux entreprises à abandonner le soutien financier au Fonds Mondial. Cela sera aussi ressenti comme une contradiction supplémentaire par tous ceux qui sont engagés dans la lutte contre le sida dans le monde.

500 millions : on change d’échelle

Beaucoup d’argent manquera encore pour remplir les objectifs fixés en 2001 à l’ONU, mais, ce changement d’échelle aura deux conséquences immédiates. D’abord, un effet d’entraînement des autres Etats, notamment européens, à soutenir financièrement, eux aussi, une cause devenue prioritaire sur l’agenda du G8. Mais aussi une mise en cohérence de la position de la France, attendue de longue date et d’autant plus nécessaire que celle-ci s’est fortement engagée dans l’organisation d’une conférence des donateurs au profit du Fonds Mondial en juillet prochain. Conférence qu’elle ne pourra pas tenir de manière crédible si elle ne se montre pas exemplaire et à la hauteur des discours qu’elle tient depuis plusieurs mois à la face du monde dans le cadre de la préparation du G8.

Si la France, comme les autres États participant au G8, ne vient pas à Évian avec une annonce substantielle, les ONG seront dans l’obligation de quitter le processus de préparation de la Conférence des donateurs auquel elle sont actuellement associées !

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