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CRAN - An Nou Allé ! - Afrique Avenir - Act Up-Paris

Aux Antilles, Ségolène Royal doit parler du sida

publié en ligne : 24 janvier 2007

Ségolène Royal mènera campagne en Martinique jeudi 25 et vendredi 26, puis en Guadeloupe samedi 27 et dimanche 28 janvier. À cette occasion, la candidate socialiste doit prendre position et s’engager sur les moyens nécessaires pour lutter contre les ravages singuliers de l’épidémie de VIH/sida dans les populations noires en France ultramarine et hexagonale.

Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), « les taux les plus élevés de découvertes de séropositivité VIH notifiées en 2005 sont observés en Guyane (891 par million d’habitantEs), à Paris (336), en Seine-Saint-Denis (226), en Guadeloupe (196), en Martinique (190), dans le Val-de-Marne (168), dans le Val-d’Oise (145) et dans l’Essonne (104) ». Dans les seuls DFA (Départements français d’Amérique : Guyane, Guadeloupe, Martinique), le taux moyen de découvertes de séropositivité VIH notifiées en 2005 est de 318, soit cinq fois plus qu’en France hexagonale (62). [1]

Ces chiffres effarants indiquent qu’une discrimination méconnue, une de plus, pèse sur les populations noires dans notre pays : en France, le VIH/sida frappe d’abord les départements où elles sont les plus présentes. En outre, sur l’ensemble du territoire national [2], les seulEs ressortissantEs de pays d’Afrique subsaharienne représentent 35% des découvertes de séropositivité notifiées en 2005 (sur l’ensemble des personnes de nationalité connue). On peut donc estimer que c’est finalement près d’une découverte de séropositivité sur deux qui concerne une personne noire.

Ces données disent assez l’urgence de penser et de mettre en oeuvre une politique de prévention du VIH/sida qui s’adresse spécifiquement aux populations noires en France. Cette urgence ne peut se réduire à la simple reproduction de ce qui se fait déjà : elle exige des actions ciblées et beaucoup plus ambitieuses qui tiennent compte des spécificités de ces populations.

Le CRAN (Conseil représentatif des associations noires en France), An Nou Allé !, Afrique Avenir et Act Up-Paris exigent de Ségolène Royal :
- qu’elle consacre autant de temps que nécessaire, pendant son voyage en Martinique et en Guadeloupe, à la rencontre de malades et d’activistes du sida ;
- qu’elle manifeste son soutien aux associations de malades et aux populations particulièrement touchées par l’épidémie (femmes, étrangerEs, gais, bisexuelLEs, trans’, usagerEs de drogues, prostituéEs...) ;
- qu’elle prenne des engagements clairs, concrets et chiffrés, en termes de politique de prévention notamment, sur la lutte contre le sida et les infections sexuellement transmissibles en France ultramarine et plus largement dans les populations noires en France.

Notes

[1]
- Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire, 28 novembre 2006, n°48.
- Voir également le Bulletin de santé de l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France, décembre 2006, n°11.
- Voir aussi la circulaire DGS/SD5C/SD6A n°2003/60 du 10 février 2003 relative au nouveau dispositif de notification anonymisée des maladies infectieuses à déclaration obligatoire (BEH N° 12-13/2003).

[2]
- À l’exception de la Nouvelle-Calédonie, de la Polynésie française, de Mayotte, de Wallis-et-Futuna et de Saint-Pierre-et-Miquelon où le VIH/sida n’existe visiblement pas puisque l’InVS ne communique aucune donnée les concernant...



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