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Brèves de PDS

publié en ligne : novembre 2006 dans Action 104

Chaque mercredi une poignée de militantEs d’Act Up tient une pemanence des droits sociaux (PDS) et accueillent les personnes embourbées dans des situations abérantes. Cette rubrique a pour but de présenter un florilège de ces cas et les actions menées.

Un dentiste peut en cacher unE autre

D. touche l’AAH, 610 €, il ne peut pas souscrire de mutuelle à 50 €. SDF, ni toucher d’allocations. Sur 6 ans de consultations pour divers problèmes dentaires, D. a été confronté à plusieurs refus de soins. Il y a deux ans, sur conseil d’un ami, il va voir une dentiste dans le XXème. D. annonce sa séropositivité, par honnêté, comme il le fait habituellement. Il est soigné pour se faire arracher des dents très abîmées qui provoquaient des infections. Un appareil est rapidement nécessaire, mais bâclé, il casse bientôt les dents de support. L’accueil de la dentiste au fur et à mesure des visites s’est dégradé. Lors de sa dernière visite, elle récupère l’appareil avec une pince, coupe les crochets et le rend à D. avec conseil d’utiliser du Coréga. Depuis, les rendez-vous ont été reportés, annulés ou décalés et D. se retrouve aujourd’hui dans l’obligation de se faire arracher ses dernières dents afin d’éviter des infections qui reprennent.

Les cas de refus de soins sont hélas fréquents, nous ne laisserons pas celui-ci se perdre dans les dédales des faits divers. À suivre.

Discrimination

Un couple en colère vient nous voir après plusieurs tentatives d’aides infructueuses auprès d’autres associations. L’un a l’AAH à 80 % et l’autre attend toujours que son dossier Assedic soit accepté. On leur a proposé des logements d’urgence mais séparés, qu’ils ont refusé du fait de leur état de santé, de leur précarité et de leurs sentiments tout simplement (aurait-on proposé des logements séparés à un couple hétéro ?). Le couple a donc pris une chambre d’hôtel avec prostitution à la clé pour la payer. Arrivés à la PDS, nous les avons aidé dans leurs démarches, inscrits à la PILS. Ils viennent d’obtenir un bon de visite pour un appartement.

Le problème d’incompétence des assistantes sociales se pose une nouvelle fois puisque les démarches nécessaires pour le dossier de FSL, loca-pass n’ont pas été faites correctement.

ACT en danger

Z. est actuellement hébergé en ACT depuis août 2004. Ils vont l’expulser le 27 septembre 2006 (prévenu depuis 3 mois). Il a une AAH de 600 € et un salaire du même montant à ce jour. L’assistante sociale de cet ACT, que nous avons contactée par téléphone, nous indique que Z. est expulsé de l’ACT pour le motif suivant « son état de santé ne nécessite plus une prise en charge en ACT ». Aucune solution de logement n’a été trouvée. En tout état de cause, Z. sera expulsé le 27 septembre 2006 et à la rue. Nous nous occupons de ce cas qui n’est pas isolé.

Nous sommes confrontés de plus en plus à ce type de situation. Les assistantEs sociaux/sociales ne font décidément pas leur boulot.

Une commission d’incompétentEs

M. X. séropositif depuis 1993 souffre d’une trombopénie, d’une névralgie occipitale et de neuropathies sensitivo-motrices, après avoir pris de nombreuses lignes de traitements. Sa situation lui impose une tierce personne pour l’aider dans les tâches de la vie courante, comme le signale son infectiologue dans un courrier, le Pr Delfraissy.

En avril 2006, il fait donc une demande de renouvellement de son AAH, de sa carte d’invalidité et d’un complément de compensation (qui remplace l’Allocation Compensatrice Tierce Personne). La COTOREP des Hauts-de-Seine lui refuse la dernière, le reste étant en cours de traitement. L’intéressé, comme indiqué sur la réponse de la MDPH, saisit le tribunal du contentieux et de l’incapacité pour contester cette décision.

Convoqué le 8 juin dernier, sa demande est déboutée et agrémentée de réflexions du type : « vous n’avez pas pris le métro de peur d’attraper des microbes ? » ou « le Pr Delfraissy, oui, c’est un médecin qui travaille dans les hôpitaux » ou « Les névralgies occipitales, c’est fréquent chez les séropositifs, mais c’est un trouble bénin »... Le contenu du dossier a été minimisé par la dizaine de personnes présentes. La visite médicale n’a pas été l’occasion d’une véritable auscultation, mais un échange de questions réponses.

Il contacte Aides à Corbeil afin d’avoir une aide à domicile, on lui répond que tant qu’il n’a pas de complément de compensation, on ne lui affectera pas de bénévoles. Sympa !

Une belle victoire

En juin dernier, W., séropositif touchant l’AAH, vient nous voir car victime d’homophobie dans la résidence où il vit (volets, porte, boîte aux lettres sont couverts de propos et de graffs homophobes) ; il vit chez lui dans la peur. Persécuté, il veut obtenir un autre logement.

Nous avons contacté le bailleur au courant des faits, ainsi que la Mairie de Montreuil, et obtenu un relogement dans un autre quartier de la ville.

Procès gagné contre la CPAM Montpellier

En contact téléphonique avec B. nous sommes heureux du bon dénouement de ses problèmes avec la CPAM.

Coinfectée VIH/VHC elle attendait depuis 2 ans et demi le renouvellement de son AAH et le versement des indemnités journalières (IJ) qui lui étaient dues depuis fin 2000.

Fin avril 2000, la CPAM de Montpellier a cessé de payer les IJ de longue maladie qu’elle devait pourtant versé jusqu’en janvier 2001. Pensant à une erreur informatique, elle a attendu avril 2003 pour faire appel à un avocat et intenter un procès. Mais, elle s’est battue seule avant et pendant le procès puisque son avocat ne s’est même pas rendu aux deux audiences, elle a du présenter seule sa défense et ses conclusions qu’elle avait préparé. Accompagné de son médecin-traitant elle s’est rendue à l’expertise demandée par le tribunal et ce qui lui a permis d’apporter toutes les réponses que seul un généraliste peut donner.

Fin juillet 2006, le tribunal des affaires sanitaire et sociales lui a donc donné raison, la CPAM doit maintenant lui verser les indemnités journalières dues depuis six ans et demi, ainsi que l’invalidité due depuis le 15 janvier 2001. Si les IJ ont été versées seulement 3 jours après ce verdict, l’arriéré d’invalidité est seulement en voie d’être réglé, la CPAM a mis deux mois pour l’informer qu’un dossier à remplir était à l’accueil pour elle. Tout n’est donc pas vraiment terminé.

A travers cette expérience, B. a appris à sortir de l’état de victime, de la culpabilité de se rebeller contre un système tout-puissant, de l’état d’une personne qui doit se soumettre automatiquement à un organisme qui a la bonté de lui fournir déjà un minimum dont il devrait se contenter sans rechigner et en acceptant ses erreurs, comme un mouton de panurge, c’est-à-dire comme le font la plupart des patientEs qui gobent tout et se soumettent.

L’essentiel est donc de concentrer son énergie sur des actions utiles, sélectives, être sûr de son droit, le faire appliquer, ne pas se décentrer de son but.

Pas de retraite pour les séropos ?

Nous avons été contactés par un homme dont le père séropositif et âgé cherchait une maison de retraite.

Qui put croire que nous serions un jour confrontés à cette problématique. Il faut dire qu’un grand nombre de contaminations interviennent chez les plus de 50 ans et particulièrement chez les gays où ils représentent près de 15 % des nouveaux diagnostics de séropositivité. Si cette situation est encore rare, avec l’allongement de la durée de vie et l’âge des personnes contaminées, nous pourrions y être de plus en plus confrontés.

Malgré son bon état de santé, aucune des maisons de retraite contactées en région parisienne n’a accepté de l’accueillir.

Quand la sécu se dédit

D. est suivi à Montpellier, séropo depuis plusieurs années, il souffre de graves lipodystrophies (essentiellement atrophie du visage et des membres inférieures, fessier, etc.). Il a eu 2 infarctus du myocarde en juin dernier qui ont nécessité une hospitalisation d’un mois et demi. Il a déjà eu une reconstruction du visage qui s’est bien passée et se posait de façon cruciale l’atrophie des fessiers qui l’empêchait même de s’asseoir (ce qui est très handicapant).

Son infectiologue s’est renseigné sur les techniques en cours et a trouvé un labo qui produit du Bio-Alcamid (équivalent du New Fill mais en mieux), sauf que ce produit et les actes qui sont liés ne sont pas remboursé par la CPAM. Sur les conseils de son médecin il a demandé un accord préalable à sa caisse. N’ayant pas de réponse dans les délais impartis il les a appelé pour s’assurer qu’il s’agissait bien d’un accord, ce qui lui a été confirmé (vu la date d’envoi de la demande). Il y est passé deux ou trois fois car le labo ne savait pas comment rédiger telle ou telle facture et à chaque fois la CPAM a donné les infos pour suivre la procédure de remboursement. Ce monsieur a donc fait commander le produit, a versé un chèque de 12 000 € au laboratoire pour 600 ml de produit et s’est fait opérer début août.

Début septembre, la CPAM l’informe qu’ils ont fait une grave erreur et qu’ils ne le rembourseront finalement pas, même s’ils savent qu’il a tout fait pour que ça se passe dans les règles.

Face à ces problèmes, M. D contacte le milieu associatif. Le TRT-5 a l’occasion d’une réunion avec les dirigeants de la CNAM fait part de ce cas, et contacte le laboratoire pour essayer de négocier les délais d’encaissement. Les choses se sont améliorées, La CPAM a fait marche arrière et a accepté d’assumer son « erreur ».

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