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Trans’ et VIH

25 ans d’oubli, 10 ans de mépris.

Existrans 2006

publié en ligne : 7 octobre 2006 dans Action 104

Act Up-Paris a participé à la dixième édition de l’Existrans, la marche des trans’ et de ceux et celles qui les soutiennent.

Notre tract distribué lors de la Marche :

10 ans de marche Existrans.
10 ans de lutte.
10 ans de revendications non-abouties.

25 ans d’épidémie de sida.
25 ans que les acteurs et actrices de la lutte contre le sida se moquent des trans’.

Aujourdhui, en France, on ne dispose d’aucune donnée sur l’impact de l’épidémie de VIH/sida chez les personnes trans’. La communauté trans’ française ignore le nombre de ses membres et la prévalence du VIH/sida en son sein. Nous estimons pourtant que la communauté trans’ représente, en France, environ 50 000 personnes alors que 700 seulement sont officiellement reconnuEs par le corps médical. Quant à la prévalence du VIH parmi les femmes trans’ les études étrangères la situent dans une fourchette astronomiques, entre 13 à 40 %, avec des pics à 60 %. Pour les hommes trans’, c’est 3 %.

L’obscurantisme médical d’État, qui fait de nous des malades mentaux, la discrimination, l’absence de reconnaissance juridique et sociale et les violences exercées contre nous (y compris par les forces de police), sont les complices de l’épidémie. 80 % des trans’ ont une identité administrative (papiers didentité, sécurité sociale etc.) en désaccord avec leur genre social parce qu’il et elles refusent l’opération de ré-assignation sexuelle que l’Etat exige pour octroyer le changement du sexe légal. Pendant ce temps, l’Espagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Nouvelle Zélande et bien d’autres pays adoptent des lois qui accordent le changement d’état civil à toutes les personnes trans’.

L’absence des trans’ des systèmes de surveillance épidémiologique et des programmes de santé publique, la quasi-inexistence de politique de prévention en direction des trans’ - en dehors du prisme du travail du sexe -, l’absence de prise en compte de leurs spécificités en matière de prise en charge médicale et, bien sûr, les problèmes d’estime de soi, de discrimination, de stigmatisation et de marginalisation, sont les signes les plus criants de notre inexistence sanitaire.

La première réunion d’information à traiter des problèmes médicaux des trans’ séropositifVEs, organisée par Act Up-Paris en juin 2006, a révélé l’absence totale de données scientifiques relatives au sida chez les trans’ françaisEs et, donc, l’impossibilité d’une prise en charge adaptée. Pourtant, le rapport Yéni (référence dans la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH) a reconnu que l’existence d’interactions médicamenteuses entre les antirétroviraux et les traitements hormonaux pouvait être dangereuse pour les trans’ séropositifVEs.

Sous-citoyenNEs, invisibiliséEs, considéréEs comme des malades mentaux/mentales : nous sommes les oubliéEs de la lutte contre le sida.

Aujourd’hui, les pouvoirs publics, les chercheurSEs et les médecins endossent la responsabilité de condamner les trans’ à se contaminer, en ne cherchant pas à produire les données scientifiques, épidémiologiques et comportementales qui permettraient d’assurer une meilleure prévention et de leur offrir une prise en charge médicale adaptée.

Act Up-Paris exige :
- la réalisation d’études épidémiologiques sur les trans’ et le VIH en France ;
- la réalisation d’études sur les interactions entre prise d’hormones et antirétroviraux.
- des campagnes de prévention ciblées vers les trans’ ;
- des papiers (carte d’identité, carte de sécurité sociale, etc.) correspondant au genre de toute personne Trans, opérée ou pas ;
- la suppression des protocoles d’état qui à défaut de servir les personnes suivies, servent les équipes médicales officielles ;
- le libre choix du/de la médecin, du/de la chirurgienNE, de/de la psychiatre si besoin ;
- que la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) prenne en compte les lourdes discriminations que l’État nous impose.

L’ignorance est votre ennemie.

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