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Claude Habib et Irène Théry, les pauvres filles de l’ANRS

publié en ligne : mars 2000 dans Action 66

Dans son étude sur les femmes séropositives publiée par l’ANRS, Irène Théry s’inspire du livre de Claude Habib le consentement amoureux (Hachette/Littératures, 1998).

Voici un florilège des meilleurs moments de cette nouvelle source “scientifique” de l’ANRS :

« La différence entre hommes et femmes est une différence anthropologique qui saute aux yeux. Elle est universalement reconnue. C’est une donnée immédiate de la condition humaine, sur laquelle on se trompe aussi peu qu’on se trompe sur l’ordre des générations. La différence entre homosexuels et hétérosexuels est beaucoup plus obscure : dans certains cas, le seul moyen de faire cette différence consiste à s’en remettre aux déclarations de l’intéressé(e). Quel intérêt y a-t-il à échanger une distinction très claire contre une autre qui l’est moins ? »

« Cette altérité est la condition de l’amour : entre les deux sexes s’interpose une obscurité, qui produit à la fois le risque d’incompréhension et l’espace d’un déchiffrement. » « La réciprocité, qui est essentielle, se joue à l’aveugle, aveuglément : il n’y a pas de sens à se figurer l’amour comme un échange entre égaux (c’est l’éternel contresens de l’homosexualité, et son simplisme). »

« L’amour hétérosexuel ne peut certainement pas non plus se maintenir au point de cette bouleversante coïncidence entre ce qu’il y a de plus personnel et de plus naturel à la fois, c’est à dire aussi de l’intime et du général, de l’extraordinaire et du banal, de l’individu et de l’espèce. Mais, du moins, il y passe : il se dirige vers ce point où il garde en mémoire, de sorte que l’amour hétérosexuel peut toujours être conçu dans son lien avec la nature, comme une acceptation, même ponctuelle, de la nature. L’amour homosexuel, en revanche, comporte en son centre une dimension de refus : celle de l’esprit diabolique qui, selon Goethe, dit toujours non. »

« Il y a évidemment des nonnes pleines de charité. Il y a non moins évidemment des homosexuels pleins de courage ou de vertus. »

« L’idée est qu’on soude mieux les sexes en les séparant qu’en les collant l’un à l’autre. Il ne faut pas se hâter de rejeter ce paradoxe. (Après tout, aujourd’hui, si la mixité s’accroît dans bien des domaines, la capacité de chaque sexe à se passer de l’autre ne cesse d’augmenter. Une plaisanterie a couru cet hiver, quand les lois sur la parité et sur le contrat d’union sociale se sont trouvées en même temps sur l’agenda du gouvernement : la parité homme-femme va devenir obligatoire partout, sauf dans le mariage.) »

« Lorsqu’une féministe provoque un amour à l’ancienne mode où l’homme s’estime supérieur à sa fragile compagne, elle est empêchée d’en jouir, à moins de renoncer à ses convictions. Il y a pis : lorsqu’une féministe s’exalte à propos d’un homme et se laisse emporter par l’admiration, ses propres sentiments entrent en conflit avec ses idées. ..... Si elle aime un homme qu’elle trouve supérieur à elle, il lui faudra censurer des émotions si contraires à la cause, ou trahir la cause. »

« Le durcissement général des représentations amoureuses répond à trois causes distinctes.[...] Le deuxième facteur est la diffusion d’un ressentiment anti-hétérosexuel, dont le féminisme fut, pendant longtemps la chambre d’écho la plus sonore. Il est aujourd’hui relayé dans ce rôle par la minorité agissante de l’activisme gay et lesbien. »

« Tout comme les nationalistes européens au siècle dernier, les homosexuels ont le sentiment d’être dans le sens de l’histoire. »

« Les homosexuels radicalisés ont le vif sentiment d’être une bonne cause : ils sont intimement progressistes. Ils pensent incarner l’avenir et la liberté : la liberté ils en donnent d’ores et déjà l’image à travers les nouveaux modes de vie ; l’avenir, ils l’ouvrent pour tous les hommes - non que tous les hommes seront gays à l’avenir, mais ils seront hétérosexuels de la façon dont les gays sont gays aujourd’hui, c’est à dire par un choix libre, délivré de toutes les contraintes familiales, sociales et politiques qui pèsent encore sur lui. Ils seront individualistement hétérosexuels. Ils n’auront plus cette illusion rétrograde d’être naturellement ce qu’ils sont. »

« C’est pourquoi le militantisme homosexuel déborde en France au-delà des intérêts corporatistes de la communauté gay. Il touche un courant de pensée que l’effondrement ou le discrédit des totalitarismes ont laissé sans cause tangible. Et comme toujours il s’agit de croire ou de faire croire à l’homme nouveau, le meilleur public est formé de ceux qui ont dû quitter leurs espoirs sans perdre leurs illusions. »

« La représentation de l’amour tendre est quasi exclue dans ces milieux militants, et non sans raison. Pris entre la contestation et le messianisme, les militants auraient quelque mal à faire entrer l’idylle dans le champ de leurs préoccupations. »

« Dans une perspective militante, l’amour est toujours absent. Il ne peut pas en être autrement, puisqu’il est le motif implicite de la mobilisation. »

« Les homosexuels ne sont pas les seuls responsables de la désentimentalisation du monde. Il faut prendre en compte un autre groupe, formé par des hommes et des femmes déterminés à prendre le monde comme il est. »

Irène Théry a fait une critique dithyrambique du Consentement amoureux dans la revue Esprit.

Info : Les éditions Odile Jacob annoncent la sortie d’un livre co-écrit par Irène Théry et le directeur de l’ANRS, Michel Kazatchkine.

Conseil : lisez plutôt ceci : Act Up - une histoire par Didier Lestrade, aux editions Denoël.

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