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Le silence de l’IGAS tue les détenus

publié en ligne : 26 janvier 2000 dans Action 65

15 militants d’Act Up-Paris ont investi le siège de l’Inspection Générale des Affaires Sanitaires (IGAS), rue d’Astorg à Paris. Act Up entend dénoncer l’incompétence des pouvoirs de contrôle de l’IGAS sur les prisons.

La sortie de l’ouvrage du Docteur Vasseur, médecin chef de l’UCSA (Unité de Soin et de Consultation Ambulatoire) de la prison de la Santé, aura permis à l’opinion publique de se faire une idée des conditions réelles de détention. Pourtant, si, à Act Up-Paris, nous n’avons jamais cessé de critiquer l’Administration Pénitentiaire pour les conditions de vie qu’elle impose aux personnes séropositives et malades incarcérées, nous savons aussi qu’elle n’est pas seule responsable. Car il existe une instance habilitée à surveiller et résoudre les problèmes d’hygiène et de soin posés par la détention : l’IGAS. Qui ne fait rien.

L’IGAS intervient dans les établissements pénitentiaires de deux façons : lors de la visite annuelle obligatoire, mais aussi lorsqu’elle se retrouve saisie sur un problème sanitaire précis. Mais les conditions de détention stagnent misérablement. Act Up-Paris ne peut plus tolérer que les instances sanitaires censées exercer un contrôle sur les prisons ne remplissent pas leur mission, et que les détenus continuent à payer au prix fort cette incapacité. La complaisance des rapports des médecins inspecteurs de l’IGAS lors de leur visite annuelle nous exaspère. Le mépris de l’IGAS envers les détenu(e)s - puisque les médecins inspecteurs ne sont pas tenus de rencontrer les personnes qui les sollicitent - est scandaleux. Le silence dans lequel les dossiers sont classés trahit seulement le désintérêt de l’IGAS envers les personnes incarcérées. Et pourtant, l’IGAS est tenue de savoir qu’en prison plus qu’ailleurs, notre mot d’ordre est d’une actualité aiguë : Silence = Mort.

L’incompétence de l’IGAS n’a d’égale que son inertie : c’est pourquoi Act Up-Paris investit ses locaux. Nous ne supportons plus l’opacité d’un système de contrôle coupable, qui ne rend aucun compte aux personnes incarcérées, et ne sert qu’à pérenniser des conditions de détention pathogènes.

C’est pourquoi Act Up-Paris exige que :
- les médecins inspecteurs de santé publique aient l’obligation de rencontrer la personne qui les saisit : détenu(e), proche, médecin ou association.
- l’IGAS ait obligation de rendre compte de leur enquête aux personnes qui sollicitent l’inspection
- les rapports de l’IGAS, faisant état des raisons de sa saisie et de ses conclusions, soient publiés en préservant l’anonymat de la personne détenue, afin de briser le silence complaisant qui étouffe les problèmes sanitaires en milieu carcéral
- une instance indépendante ait devoir d’injonction et de sanction sur les ministères responsables des dysfonctionnements révélés.

Suite à cette action le directeur de l’IGAS désire rencontrer Act Up. Nous sommes convenu d’un rendez-vous le 9 février, affaire à suivre...

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  • La prison est un lieu où, hier comme aujourd’hui, les droits des personnes incarcérées ne sont pas respectés, ceux des prisonnierEs malades du sida encore moins.

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