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Le Dr Van Damme confirme l’inefficacité et la toxicité du Nonoxynol 9

Meurtres aux microbicides

publié en ligne : 19 juillet 2000

Le 12 juillet dernier, au cours de la session plénière de la Conférence Mondiale sur le sida à Durban, le Dr. Van Damme a annoncé les résultats de l’ensemble des essais ONUSIDA/Columbia Laboratoires menés en Afrique et en Thaïlande sur le Nonoxynol 9 (N9) dans l’indication de virucide en prévention de la transmission du VIH.

Tous ces essais confirment l’inefficacité et la toxicité du Nonoxynol 9. L’un des essais les plus récents vient d’être interrompu 9 mois avant terme (juin 2000 au lieu de janvier 2001). Il apparaît en effet que, sur 700 travailleuses du sexe africaines, autant de femmes ont été contaminées dans le bras N9 que dans le bras Placebo. On observe de plus chez les femmes du bras N9 des lésions des muqueuses vaginales significativement plus élevées, ce qui peut accroître encore le risque de transmission.

Malgré ces résultats catastrophiques, les essais sur le Nonoxynol 9 se poursuivent partout dans le monde, à la recherche d’un illusoire dosage optimal. Un essai intitulé Conceptrol avec une concentration deux fois plus élevée de Nonoxynol 9, c’est-à-dire plus dangereuse pour les muqueuses, est toujours en cours.

Au cours de la même session plénière, des recherches sur d’autres candidats microbicides (PCP-515, Pro 2000, Dextrin Sulfate, Cellulose Sulfate et Buffergel) ont été annoncées. Le Buffergel, par exemple, est pourtant connu pour ses effets toxiques, observés en Thaïlande chez des travailleuses du sexe. Pour ce qui concerne les microbicides, aucune étude pré-clinique n’est menée avec la rigueur nécessaire avant le passage en phases I et II. Il y a un scandale du Nonoxynol 9. Ce scandale s’apprête à se répéter avec d’autres microbicides : des agences nationales ou internationales financent des recherches en " monothérapie " sur des molécules dont la stratégie d’attaque du VIH est univoque, et qui ne couvrent pas l’ensemble du spectre des MST les plus répandues.

Peter Piot, à la conférence " Microbicides 2000 ", déclarait : " Dans l’état actuel de la science, nous aurons probablement un microbicide avant d’avoir un vaccin ". L’intérêt que pourrait représenter la découverte d’un microbicide efficace et l’espoir que suscite cette découverte ne doivent pas conduire à l’abandon des principes éthiques et de la rigueur scientifique les plus élémentaires. Il faut le dire haut et fort : il n’y a pas, à l’heure actuelle, de microbicide efficace contre le VIH.

C’est pourquoi Act Up-Paris exige :

- que l’ONUSIDA annonce clairement, avec un maximum de publicité, l’échec des essais sur le Nonoxynol 9, afin que tous les essais avec cette molécule soient immédiatement stoppés,

- que les objectifs de la recherche sur les microbicides soient redéfinis clairement, et qu’un cadre d’expérimentation scientifique, clinique et équivalent à celui de la recherche médicale pratiquée dans les pays du Nord soit garanti.

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