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Act Up-Paris zappe Marylise Lebranchu

publié en ligne : 11 mars 2002

Jeudi 7 mars, deux militantes d’Act Up-Paris ont interpellé Marylise Lebranchu lors de sa participation au colloque « Prison et accès au droit » organisé par l’association Droits d’urgence. La ministre de la justice a en effet confirmé à la presse le 5 mars dernier que le projet de loi pénitentiaire était bel et bien enterré.

Lors de cette action, le service d’ordre de la ministre a fait preuve d’une violence inacceptable à l’égard d’une des militantes d’Act Up. Récit : « La ministre est arrivée, très souriante, entourée de son staff, elle s’est installée à la tribune, a sorti ses documents et commencé à prendre la parole. C’est à ce moment-là que je me suis levée. J’ai marché vers la tribune, je lui ai pris son discours des mains, je l’ai balancé très calmement ; j’ai pris son micro, je l’ai mis par terre. Là, il y a eu un moment de stupeur.

J’ai dit à Marylise Lebranchu qu’elle n’avait pas le droit de parler : elle avait enterré le projet de loi pénitentiaire, elle devait donc se taire. Ses gardes du corps me sont tous tombés dessus à ce moment. Ils étaient six ou sept. Ils m’ont poussé vers le couloir de sortie. Je me suis mise à crier en me laissant tombée pour qu’ils n’arrivent pas à m’emporter.

Et là, ils m’ont traînée sur 15 mètres en m’arrachant pull et tee-shirt. Moi hurlant sur les 500 morts par suicide, les morts des malades, les viols collectifs. Ils ont tenté de me faire mettre debout en me disant que j’étais ridicule. Une fois que les portes de la salle du colloque s’étaient refermées derrière nous, ils ont continué à me maintenir la tête dans la moquette tout en m’expliquant que la violence n’était pas une solution.

Avant que la porte ne se ferme, j’avais eu le temps de voir que Valérie avait le micro. Pendant deux courtes minutes, elle a expliqué les raisons de notre action et la situation dans les prisons ».

A propos du projet de loi pénitentiaire

Act Up-Paris avait publié en octobre dernier son point de vue sur le texte : Avant projet de loi pénitentiaire

A la suite de la publication de ce compte-rendu, Act Up-Paris a reçu un courrier de l’association Droits d’Urgence nous demandant un droit de réponse :
Sous la rubrique "Act Up zappe Marylise Lebranchu" votre site contient une description totalement inexacte de l’incident créé par votre représentante lors de notre colloque.

Il est ainsi prétendu que "le service d’ordre de la ministre a fait preuve d’une violence inacceptable à l’égard d’une des militantes d’Act Up", "ses gardes du corps" au nombre de" six ou sept" lui étant "tous tombés dessus". En réalité, la ministre n’était accompagnée que d’un seul officier de sécurité, lequel n’est pas intervenu. Ce sont quatre représentants de l’association qui ont tenté de ramener votre militante au calme, ce qu’elle sait parfaitement pour s’être expliquée avec eux. Au nombre de ceux-ci figurait d’ailleurs Ghislaine Hierso, notre secrétaire générale, laquelle peut difficilement être confondue avec un garde du corps...

Votre militante n’a fait l’objet d’aucune violence. Bien au contraire c’est elle qui s’est montrée très agressive en arrachant ses notes des mains de la ministre et en hurlant pour l’empêcher de parler. Lorsque nous sommes intervenus, elle a poursuivi ses hurlements en se jetant à terre. Nous lui avons demandé de se calmer et l’avons accompagnée dehors alors qu’elle continuait à se traîner au sol en criant.

A notre suggestion, une autre militante d’Act Up, Valérie P., a alors pris la parole au micro et a fait part calmement de la position de votre association. Contrairement à ce que suggère votre site, celle-ci s’est exprimée aussi longtemps qu’elle l’a voulu puisque c’est elle- même qui a mis un terme à son discours en nous rendant le micro.

Aucune violence n’a davantage été exercée au dehors de la salle. Bien au contraire, un dialogue s’est instauré avec vos représentantes à qui nous avons proposé d’intervenir à nouveau. Celles-ci ont préféré partir alors même qu’elles auraient pu poser des questions à la ministre demeurée dans la salle.

Droits d’Urgence s’élève à la fois contre cette agression et contre les énonciations mensongères de votre site. S’il ne nous appartient pas de vous dicter vos méthodes, nous constatons qu’en choisissant d’agir ainsi, vous portez délibérément préjudice au travail d’une autre association laquelle poursuit un objectif similaire à celui que vous dites défendre, l’accès au droit des détenus en qualité de citoyens à part entière et l’amélioration de la condition pénitentiaire en général.

Denis Chemla
Président de l’association Droits d’Urgence

Act Up-Paris maintient ses propos et rappelle que cette action ne visait pas l’association Droits d’urgence avec laquelle nous collaborons régulièrement, mais Marylise Lebranchu coupable d’avoir enterré le projet de loi pénitentiaire.

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  • La prison est un lieu où, hier comme aujourd’hui, les droits des personnes incarcérées ne sont pas respectés, ceux des prisonnierEs malades du sida encore moins.

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