Co-infection

publié en ligne : 30 juin 2002 dans Protocoles 24

Il y a un an, nous avons publié un Protocoles Hors Série sur la coinfection. Il y a 15 jours, nous avons organisé une RéPI sur la qualité de vie des personnes coinfectées Entre ces dates les choses ont évoluées, mais pas assez vite. La conférence de consensus de 2002 sur le VHC a néanmoins développé la problématique d’une meilleure qualité de vie. C’est un début.

conférence de consensus

C’est un peu l’équivalent du rapport Delfraissy. Il s’agit d’un groupe d’experts qui à partir des évolutions thérapeutiques, actualise la stratégie de prise en charge des personnes infectées par les hépatites en fournissant des recommandations afin d’assurer une meilleure prise en charge des personnes atteintes.

Cette année, une ligne directrice s’est détachée de cette conférence de consensus : la qualité de vie. Les difficultés liées aux traitements, les problèmes que l’hépatite C suscite ont été reconnus ; des voies sont proposées pour y remédier.

coinfection vih/vhc

Les patients coinfectés peuvent être traités pour leur hépatite C en priorité lorsque l’état immunitaire est bon (plus de 350 CD4), parce que le VIH accélère et aggrave l’hépatite. En cas de traitement simultané anti-VIH/ anti-VHC, la conférence met en garde contre les interactions dangereuses entre certains analogues nucléosidiques (d4T, ddI) et la ribavirine. Compte tenu de l’évolution rapide de l’hépatite chez une personne coinfectée, un traitement peut être proposé, même en présence d’une hépatite minime.

biopsie du foie

La ponction biopsie hépatique (PBH) est une biopsie effectuée, en cas d’hépatite chronique, pour connaître le stade d’évolution de la maladie et la nécessité ou non d’un traitement. Elle reste l’examen de référence parce qu’elle permet de connaître l’état du foie et la vitesse de progression de la maladie. Mais des marqueurs sérologiques sont en cours de validation ; ils pourraient s’y substituer. Mais il peut être bénéfique de commencer un traitement, quel que soit l’état du foie, donc sans biopsie, en présence d’un virus de l’hépatite C de génotype 2 ou 3. En effet, ces deux génotypes présentent environ 80 % de réponse prolongée au traitement.

et les traitements ?

Le traitement contre l’hépatite a deux objectifs : soit éradiquer le virus, soit permettre une amélioration de l’état du foie, sans parvenir pour autant à éliminé le virus. Les avantages de l’interféron pégylé ont été reconnus, appelé également interféron retard ou peg-interféron, il ne nécessite qu’une injection par semaine. Il est associé à la ribavirine. Si on peut apprécier les effets bénéfiques de ce traitement, nous n’en oublions pas pour autant ceux handicapants : fatigue, céphalées, tremblements, douleurs musculaires, dépression, insomnie, douleurs, nausées, etc.

toxicomanie et alcool

Le traitement de l’hépatite C s’intègre désormais dans une prise en charge globale ; traiter est insuffisant si on ne réfléchit pas à réduire la dépendance ou à repenser la stratégie de substitution. Les indications au traitement s’élargissent, les nombreuses personnes toxicomanes porteuses d’un VHC de génotype 2 ou 3 peuvent ainsi songer à une mise sous traitement.

Par ailleurs, la conférence recommande une réduction significative de la consommation d’alcool et non plus un sevrage absolu, souvent impossible à obtenir.

nouveaux schémas thérapeutiques

Avant 2002, on ne traitait qu’à partir d’une certaine gravité A2-F2 (Activité allant de 0 à 3 et Fibrose allant de 0 à 4). Les hépatites minimes pouvaient attendre... Aujourd’hui, l’indication au traitement intègre non seulement l’état du foie mais surtout l’infection par le virus lui-même. Le but est donc de se défaire au plus vite d’une infection dont on ne souffre pas encore.

qualité de vie

Les effets secondaires des traitements ne doivent pas être sous estimés, compte tenu d’une éventuelle vulnérabilité psychique ou d’un affaiblissement physique. Le traitement s’associe aux préoccupations du patient, à sa démarche individuelle : l’environnement personnel, social ou professionnel sont considérés. Le rôle des associations est reconnu.

Toutefois, on peut dénoncer le fait qu’une prise en charge à 100% des patients, dès la connaissance de l’infection au VHC n’a pas été retenue, comme pour le VIH. Dans le cadre d’une prise en charge globale des problèmes liés à cette infection, cette mesure prend en effet toute sa pertinence. Pour l’instant, le 100% n’est réalisée qu’au démarrage d’un traitement.

réveil tardif

En février dernier, Bernard Kouchner a lancé son plan national contre les hépatites B et C pour la période 2002/2005. Ce plan a été présenté comme un renforcement des mesures déjà engagées. Mais il s’agissait plutôt d’une prise en compte des problèmes liés aux hépatites B et C : faisabilité de l’Assistance Médicale à la Procréation, accès à la transplantation hépatique pour les personnes VIH, amélioration de la prévention et du dépistage, renforcement de l’épidémiologie, mesures en direction des personnes les plus exposées, prise de conscience des difficultés spécifiques aux personnes coinfectées, etc.

le VHB sort de l’ombre

La grande nouveauté réside essentiellement dans l’ajout de l’hépatite B. Nos demandes réitérées ont été partiellement entendues. En effet, avec le Collectif Hépatites Virales (CHV) nous militons pour que le VHB et la coinfection VIH/VHB soient reconnus. Les courriers adressés, les rendez-vous, les articles, l’engagement associatif commencent à porter ses fruits. Reconnu comme un des domaines oubliés, des mesures ont été prises dans ce sens. Mais, concrètement, dans le domaine thérapeutique et la recherche, aucune proposition vraiment sérieuse n’est prévue pour l’instant dans ce plan.

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