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Pharmacie d’hôpital et prise d’otages

publié en ligne : 20 octobre 2002 dans Protocoles 25

Le 19 septembre derniers, des militants d’Act Up-Paris ont interrompu l’ouverture officielle du congrès annuel du Syndicat national des pharmaciens, praticiens hospitaliers et praticiens hospitaliers universitaires (SNPHPU), qui se tenait à Aix-en-Provence.

avantages

Depuis le mois de juin 2002, les pharmacies hospitalières de plusieurs grands hôpitaux de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (Lariboisière, Saint Antoine, Saint Louis, Bichat, Beaujon, etc.) ont drastiquement restreint leurs horaires d’ouverture aux malades non hospitalisés. Cette situation met particulièrement en danger les malades atteints du VIH-sida et de l’hépatite C. Pour ces malades, la dispensation en pharmacie hospitalière permet :
- un accès immédiat aux médicaments dès la prescription par le médecin hospitalier ;
- une garantie de confidentialité que n’offrent pas toujours les pharmacies de ville ;
- un suivi personnalisé du malade par un personnel formé aux particularités des traitements anti-VIH et VHC ;
- une garantie d’accès aux traitements pour les malades les plus précaires.

En outre, certains médicaments récents ne sont disponibles qu’en pharmacie hospitalière : Lopinavir (Kaletra®), Peg-Interferon (Pegasys® et Viraferon Peg®) etc.

dangers et perfidies

Cette situation résulte de la décision de chefs de service de pharmacies hospitalières en réponse au conflit qui les oppose à l’administration centrale concernant la mise en œuvre de la réduction du temps de travail. Ils ont ainsi fait le pire des choix en prenant les malades en otage pour faire pression sur les pouvoirs publics. Or, en multipliant les entraves à l’accès aux traitements, les pharmaciens hospitaliers favorisent les risques d’échecs thérapeutiques.

Le Pr Leverge, président d’honneur du SNPHPU et chef de service de la pharmacie hospitalière de Lariboisière, a franchi une étape supplémentaire en refusant l’accès aux médicaments aux malades munis d’ordonnance émises par d’autres hôpitaux. Cette mesure est d’autant plus dangereuse qu’elle émane d’un chef de service seul représentant du collège des pharmaciens à la commission médicale d’établissements de l’AP-HP (22 000 lits). Sa position prend ainsi valeur d’exemple, d’ores et déjà suivie par nombre d’autres responsables de pharmacies hospitalières.

exigences

Nous continuons d’exiger que les pharmaciens hospitaliers règlent leur conflit avec leurs directions sans prendre les malades en otage ; que l’ouverture des guichets des pharmacies hospitalières ait lieu chaque jour ouvrable de la semaine, à des horaires permettant l’accès le plus large aux médicaments ; que la dispensation des médicaments anti-VIH se maintienne à la fois en pharmacie hospitalière et en officine de ville.

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