décès

Christine

par Patrice

publié en ligne : 1er octobre 2004 dans Action 95

Christine Weinberger s’est éteinte le 21 septembre d’une encéphalite due au VIH. Le T-20 n’a pas suffi, son coma a duré 10 jours, son hospitalisation 4 mois. Nous sommes tristes et en colère.

Cricri, comment écrire sur toi ? De me voir occupé à cet exercice de style, ça t’aurait bien fait marrer, toi qui maniais si bien l’écriture. Comment parler de toi, de ton sourire, de tes grands yeux bleus pétillants, de toi mais aussi de nous, de nos fous rires et de nos engueulades ?
Sans nos petits-déjeuners où tu projetais ta journée devant ton éternel thé citron - sucrette, le Pariscope du mercredi matin que je descendais chercher à 8 heures, suivi du débat sur ce que nous irions voir le week-end, ce qui était devenu ton unique loisir (étant donné tes difficultés à marcher), ces moments que tu passais sur le canapé. Je ressens un vide immense.
Tes jugements à l’emporte-pièce : « un lave-vaisselle, ça ne sert à rien », quand tu changeais assiettes et couverts 2 à 3 fois par repas et que tu empilais la vaisselle dans l’évier sous mon regard désespéré, me disant : « mais tu es là mon Patou ».
Les courses au Monoprix, rue de Rennes, quand tu remplissais le caddy, sans faire attention, par peur de manquer de nourriture, tu remplissais le congélateur et le placard de surgelés et de conserves, alors que tu ne consommais que des produits frais.
Les tartes aux pommes - pâte feuilletée de la rue de Buci, et le chemin sur lequel tu t’arrêtais devant toutes les vitrines pour voir et acheter un nouveau pull qui rejoindrait la collection de la penderie. Je me souviens quand tu râlais après la terre entière et ce maudit virus, après tes traitements et tes « pétages de plombs » dans le cabinet de ton médecin parce que tu n’étais plus la Cricri d’avant.
Je me souviens de tes craintes quand, menacée de licenciement par Aides, tu ne mangeais plus que trois yaourts le midi au self. Grosse comme une crevette, tu te serrais contre moi pour ne pas avoir froid, été comme hiver. C’est peut-être comme ça que je peux t’évoquer le mieux, en repensant à tous ces trucs du quotidien.
Nos vacances en Turquie en septembre 2003 où tu passais toutes tes journées dans l’eau ou sur le bateau, ces moments qui resteront inoubliables tellement tu respirais la joie de vivre. En avril, j’avais voulu que tu ailles en maison de repos mais tu ne voulais pas que nous soyons séparés. Nous avions trouvé un compromis en allant passer dix jours en Bretagne.
Puis il y eut cette chute stupide chez toi fin mai ; fin août, on parlait de maison de rééducation et mi-septembre, le virus a gagné sur toi et tu es partie le dernier jour de l’été comme une petite fleur.



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