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sida : la LSI fait le jeu de l’épidémie

publié en ligne : 16 mars 2005

Ce soir, mardi 15 mars, 25 militants d’Act Up-Paris ont manifesté devant les locaux de l’Unité de soutien aux interventions territoriales (USIT) pour dénoncer les conséquences désastreuses de la loi pour la sécurité intérieure (LSI) deux après son application et exiger son abrogation.

L’USIT a été créée lors de la mise en application de la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure. Cette unité centralise toutes les personnes prostituées arrêtées pour racolage : elle est, de fait, le véritable « bras armé » du gouvernement dans la mise en application de sa politique de répression de la prostitution.

Deux ans après la mise en application de la LSI, les conséquences sur le terrain sont désastreuses. La loi a aggravé le délit de racolage et a introduit dans le droit français des procédures administratives expéditives et spécifiques pour les personnes étrangères, quelle que soit la régularité de leur situation (retrait de carte de séjour et expulsion du territoire). Sous prétexte de lutter contre les réseaux mafieux, le législateur vise en réalité les personnes prostituées et a rendu leurs conditions de vie et de travail encore plus dangereuses.

Si les forces de « l’ordre » n’ont pas attendu le vote de la LSI pour s’attaquer aux travailleurSES du sexe, la loi a donné un blanc-seing à leurs abus et les a entérinés. Depuis 2 ans, les associations de terrain n’ont cessé de dénoncer les pratiques quotidiennes des forces de « l’ordre » transformées pour l’occasion en patrouilles de nettoyage de la prostitution de rue : confiscations de papiers d’identité, de préservatif, refus d’enregistrement de plaintes, fouilles et gardes à vue abusives, violences répétées, viols...

De même, la loi a enfermé les travailleurSEs du sexe dans un statut de victime ou de coupable. Elle a condamné les personnes prostituées à survivre dans une clandestinité et dans une insécurité physique et psychique permanente.

Les conséquences de la loi sont catastrophiques : accès encore plus restreint aux actions de prévention, négociation plus difficile de l’utilisation du préservatif, vulnérabilité accrue aux violences des clients, des proxénètes et de la police, baisse importante des tarifs, inversion du rapport de force entre le client et la/le travailleurSE du sexe ... Désormais, la précarité et le danger forment le quotidien des personnes. Dans ce contexte, la nécessité de survivre au jour le jour tend à prendre le pas sur un projet de vie où la santé, le souci de protection de soi et des autres auraient leur place.

La situation sanitaire et sociale des prostituées est désastreuse. Il n’y a pas lieu d’attendre pour exiger l’abrogation d’une loi contraire au droit d’exister. Act Up-Paris exige l’abrogation immédiate de la loi pour la sécurité intérieure.

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