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Financement de la lutte contre le sida : Jacques Chirac doit revenir dans le réel et tenir ses engagements

publié en ligne : 27 janvier 2005

Jacques Chirac vient de présenter aujourd’hui, mercredi 26 janvier, au Forum Économique Mondial à Davos ses propositions de taxes internationales pour financer la lutte contre le sida. Act Up-Paris appelle Jacques Chirac à tenir ses engagements en la matière sans attendre que George Bush et les autres dirigeants du G7 aient accepté son idée d’impôt mondial.

Quelques heures avant l’intervention du Président français, le Directeur-Général de l’OMS a rendu public à Davos le rapport d’étape de l’initiative « 3 millions de malades du sida sous traitement d’ici fin 2005 » (ou « 3x5 »), lancée par l’OMS le 1er décembre 2003. Le rapport indique dans son chapitre intitulé « The resource gap » qu’au moins 2 milliards de dollars sont encore manquants pour atteindre cet objectif.

Pourtant, face à cette urgence immédiate, Jacques Chirac n’a toujours proposé aucune augmentation de la contribution française à la lutte mondiale contre le sida. Alors que le Fonds mondial sida-tuberculose-paludisme, imaginé par Chirac en 1997, voit ses ressources stagner cette année à 1,3 milliards par an, le Président français semble avoir oublié sa promesse du G8 de Gênes en 2001 que « le Fonds mondial atteigne rapidement 10 milliards de dollars. » En effet, le gouvernement français a annoncé le 1er décembre dernier la stagnation à 200 millions de dollars cette année de l’effort français en matière de lutte contre la pandémie. Par contraste, Tony Blair a annoncé un doublement de 450 à 900 millions de dollars. À noter, Tony Blair a su dégager cette somme du budget régulier de l’Etat britannique ; il n’a pas placé comme pré-requis la mise en place de taxes internationales avant de mettre la main à la poche.

Jacques Chirac a ainsi beau jeu d’affirmer à Davos son soutien pour les taxes internationales, moins d’un mois après avoir appelé à une baisse des impôts en France.

Les taxes internationales, pour essentielles qu’elles soient à long terme, ne constituent en rien une réponse à la crise actuelle du financement de la lutte contre le sida. Ne serait-ce que parce que s’y opposent avec véhémence les Etats-Unis (que ce soient les Républicains ou les Démocrates) et le Japon, qui à deux concentrent déjà 40% du PNB de la planète.

Jacques Chirac doit donc commencer par tenir les engagements qu’il a déjà pris, et aligner la contribution française à la lutte contre le sida en 2005 sur celle de la Grande Bretagne (soit 900 millions de dollars), et affecter l’augmentation au sauvetage de l’initiative « 3x5 », dont la vie de 3 millions de malades du sida dépend.

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