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Des médias irresponsables, un scientifique coupable

publié en ligne : 30 novembre 2004

Le collectif TRT-5 dénoncent le scandaleux battage médiatique autour d’une recherche vaccinale contre le vih menée par Jean-Marie Andrieu, un cancérologue abonné aux controverses scientifiques.

Le collectif TRT-5 [1] et les associations Act-Up Paris, Actions Traitements, AIDES, Arcat, Sida Info Service, Dessine Moi Un Mouton et Sol En Si dénoncent le scandaleux battage médiatique autour d’une recherche vaccinale contre le vih.

A la veille du 1er décembre, Jean-Marie Andrieu, un cancérologue abonné aux controverses scientifiques, orchestre une dangereuse campagne de communication autour de ses recherches vaccinales contre le vih. Les associations rappellent qu’à ce jour, aucun vaccin ne permet de prévenir ou de soigner l’infection à vih. L’unique outil de prévention ayant fait la preuve de son efficacité contre le risque de contamination sexuel est le préservatif féminin ou masculin [2]. Seuls les médicaments antirétroviraux permettent à ce jour de contrôler à long terme l’infection à VIH chez une majorité de patients [3].

Depuis quelques jours, les médias écrits et audiovisuels relaient de façon inconséquente les résultats préliminaires d’une recherche sur un candidat-vaccin thérapeutique contre le vih, c’est-à-dire destiné aux personnes infectées par le virus.

A coup de titres et de raccourcis racoleurs, les médias suscitent l’espoir chez des milliers de personnes atteintes, alors même que les résultats présentés ne permettent absolument pas de conclure à l’efficacité et à l’innocuité de la préparation vaccinale utilisée par Jean-Marie Andrieu.

Plus grave : reprenant les propos du chercheur, ils annoncent que le fait d’avoir une plus faible quantité de VIH dans le sang (inférieure à 1000 particules/mL de sang) pourrait supprimer le risque de contamination. Cette assertion, simplificatrice, est dangereuse : elle pourrait conduire à des prises de risque inconsidérées et à de lourdes conséquences ! Lors d’un rapport sexuel non protégé, c’est la quantité de VIH dans les fluides sexuels (sperme, liquide génital...) et non dans le sang qui détermine le risque de contamination. Or, il a été prouvé que la quantité de vih dans les liquides sexuels peut être élevée chez certaines personnes, alors même que le virus n’est plus détectable dans leur sang. La preuve : les multithérapies anti-vih, disponibles depuis 1996 en France, permettent d’obtenir une baisse considérable de la quantité de VIH dans le sang chez une majorité de patients. Pourtant, les nouvelles infections par le VIH sont toujours plus nombreuses !

A l’heure où l’on constate, en France et dans plusieurs pays d’Europe, une diminution du recours au préservatif, le message porté les médias est désastreux et doit immédiatement être corrigé.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

Jean-Marie Andrieu est un adepte de la propagande scientifique dépourvu d’état d’âme. Ses précédents travaux dans l’infection à vih ont systématiquement suscité des controverses, sans pour autant se traduire par des avancées médicales significatives pour les personnes atteintes. Aujourd’hui, son objectif est clair : apparaître comme un leader de la recherche vaccinale anti-vih, quitte à manipuler les médias, à utiliser l’espoir des personnes atteintes et à réaliser ces essais loin de la France.

Les résultats de ses recherches publiés dans Nature Medicine ne prouvent aucunement l’efficacité et l’innocuité du candidat-vaccin testé. Seules 18 personnes ont reçu la préparation vaccinale. Après la vaccination, un effet positif est observé sur le système immunitaire de certains patients, mais il disparaît au bout d’un an. Seule une étude comparative avec un suivi prolongé et un nombre plus conséquent de patients inclus permettra d’évaluer véritablement l’intérêt et la non toxicité de la démarche scientifique de Jean-Marie Andrieu.

Les associations soutiennent la recherche vaccinale contre le vih.

Ce communiqué de presse a été rédigé par le TRT-5 auquel appartient Act Up-Paris.

Notes

[1] Les associations Act Up Paris, Actions Traitements, Aides, Arcat, Dessine moi un mouton, Nova Dona, Sida Info Service et Sol En Si sont membres du collectif TRT-5 (Traitement et Recherche Thérapeutique).

[2] pour les usagers de drogues injectables, seule l’utilisation de matériel neuf (seringues, coton, etc.) permet d’éviter la transmission.

[3] L’émergence de résistances du vih aux différents traitements antirétroviraux et les effets indésirables, souvent graves et de sévérité croissante dans le temps, de ces traitements sont les principales limites de la prise en charge médicale actuelle de l’infection à VIH. Les personnes atteintes sont de plus très fréquemment confrontées à des difficultés sociales, professionnelles et affectives qui peuvent avoir un impact important sur la réussite du traitement anti-vih.

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