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Contre-argumentaire (suite)

publié en ligne : 15 mai 2004 dans Action 93

Dans Action n°92, un contre-argumentaire exposait brièvement les protections imaginaires largement véhiculées quand on parle de prévention. Ce texte était totalement pédé-centré car il s’agissait de revenir sur ce que nous observons dans la communauté pédé. Cette seconde partie nous permet de répondre plus largement aux mauvaises excuses qui légitiment les prises de risques sexuels. Voici donc une nouvelle liste d’idées reçues sur la prévention et le sida, accompagnée d’un contre-argumentaire.

« Le Fémidon®, ça a l’air ignoble. »
C’est faux ! C’est même mieux que la capote. Ce n’est pas compliqué à mettre, on fait un 8 avec l’anneau, on pousse et ça rentre tout seul. C’est plus agréable, et il y a moins de risques d’échauffement ou d’allergie que pour la capote en latex car le Fémidon® est en polyuréthane. On est moins dépendantE du mec car on n’a pas besoin d’attendre qu’il mette sa capote. Le Fémidon® peut s’installer même avant un rapport et peut se garder 8 heures. Le mec n’a plus l’excuse de se sentir serré dans la capote. On peut faire l’amour dans l’eau. L’anneau extérieur est situé de façon à pouvoir stimuler également le clitoris. Pour la sodomie, il suffit d’enlever l’anneau. Depuis le temps qu’on vous dit que le Fémidon® c’est bon...

« La capote me fait débander. »
Voilà une bonne excuse pour être passive, pas pour baiser sans capote ! Si vraiment ça vous serre trop, mettez vous un Fémidon® sur la bite à la place de la capote. Vous pouvez aussi essayer le Viagra®. Et au pire, il n’y a pas que la pénétration dans la vie...

« On baise entre séronégatifVEs. »
Qu’est-ce que vous en savez d’abord ? Avez-vous fait un test avant de vous prétendre séronégatifVE ? Et comme c’est triste de devoir limiter le nombre de ses partenaires sous prétexte qu’ils ont un statut sérologique différent. Et puis on peut être séronégatifVE au VIH et positifVE à d’autres IST.

« J’ai confiance. » ou « Il/Elle me le dirait s’il/elle l’était. »
La confiance ne protège pas. Il n’y a que le préservatif féminin et la capote avec du gel à base d’eau qui protègent d’une contamination. Vous pouvez faire confiance aux préservatifs, c’est grâce à eux que ceux/celles qui l’utilisent jusqu’à présent sont toujours séronégatifVEs. Et puis, vous pensez qu’il est aisé de dire d’entrée de jeu que vous êtes séropositifVE ? Mais, quel que soit le statut sérologique de votre partenaire, vous devez toujours vous protéger ! Il n’est pas question de se protéger des personnes vivant avec le VIH, mais du sida. L’infection par le VIH est transmissible, mais pas contagieuse. Vous pouvez baiser avec qui vous voulez, quel que soit son statut sérologique, tant que votre partenaire est consentantE et que vous êtes SAFE. Enfin, ce n’est pas parce qu’on vous dit être séronégatifVE qu’on l’est réellement.

« Je l’ai déjà, je ne risque plus rien. »
C’est faux ! Ce n’est pas parce qu’on vit avec le VIH qu’on ne risque pas une surcontamination. De plus en plus de virus mutés circulent dans les pays du Nord, c’est-à-dire près de 10% de virus mutants en Europe. Ce qui signifie qu’ils sont plus résistants aux médicaments. Et puis, il y a les autres IST. La syphilis se soigne beaucoup moins bien quand on est séropositifVE : ses conséquences sont aggravées, elle peut progresser vers une neurosyphilis et peut être résistante même aux antibiotiques.

« Une fois le risque pris, il n’y a plus rien à faire. »
C’est faux ! En cas de prise de risque, vous devez aller très rapidement aux urgences obtenir un traitement prophylactique ou TPE (Traitement post-exposition). Celui-ci peut réduire le risque de contamination de 70%. Le mieux est de prendre le traitement dans les 4 heures qui suivent la prise de risque, mais vous pouvez le prendre jusqu’à 48 heures après. Vous aurez alors à suivre ce traitement pendant un mois. N’hésitez pas à demander conseil aux associations pour le prendre et le supporter dans les meilleures conditions.

« Je suis gouine donc je ne suis pas concernée par le sida »
C’est faux ! S’il y a peu de cas recensés de contamination par voie sexuelle dans les rapports entre femmes, les lesbiennes sont tout de même un groupe menacé car elles peuvent avoir été contaminées lors d’antécédents hétérosexuels, ou lors d’échange de seringue ou d’insémination artisanale, et parce que leur suivi gynécologique est souvent irrégulier, voire inexistant.

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