Etude sur les effets secondaires et les interruptions de traitement

lipostop [ANRS EP 29]

publié en ligne : 29 janvier 2004 dans Protocoles 31

Etude multicentrique, pilote, prospective, ouverte, sans bénéfice individuel direct. Evaluation du devenir du tissu adipocytaire chez des malades en interruption programmée de traitement antirétroviral.

à qui s’adresse cet essai ?

Il s’adresse à 40 personnes vivant avec le VIH de plus de 18 ans, sous traitement depuis plus de 6 mois. Le traitement doit comporter au moins 2 INTI. Il ne doit pas y avoir de contre-indication à l’interruption du traitement antirétroviral (le nadir [1] des CD4 doit être supérieur à 200). Les personnes co-infectées par l’hépatite B ou C nécessitant une mise sous traitement et des difficultés prévisibles dans le suivi sont des critères d’exclusion.

commentaire

Les causes et l’évolution de la lipodystrophie sont mal connues (même si certains antirétroviraux sont fortement soupçonnés et fréquemment associés à ces troubles : notamment le Zérit® (INTI), le Crixivan® et le Viracept® (IP)). Un des objectifs de cette étude est donc de vérifier si ces effets intolérables peuvent s’atténuer ou disparaître lorsque le traitement est arrêté. C’est une étude importante et bienvenue. Cet essai est sans bénéfice individuel direct. C’est pour cela qu’il sera indemnisé 74 euros par visite soit 148 euros pour l’ensemble de l’étude. Nous sommes convaincuEs de la pertinence et de la nécessité de telles études. Nous savons aussi qu’il existe des contraintes budgétaires liées notamment au sabrage du budget de la recherche par le gouvernement actuel. Il n’en reste pas moins que nous ne saurions accepter en tant que malades certains dysfonctionnements.

En effet, les recommandations, officielles précisent que les interruptions thérapeutiques doivent se dérouler dans le cadre d’un protocole de recherche. Nous avons besoin de données pour que ces stratégies soient documentées et validées. Or cet essai, pour une question de convenance liée au budget notamment, laisse le/la médecin recruteurSE décider de la pertinence de la mise en place d’une interruption en dehors du suivi que permet un essai. Le résultat de cette démarche semble évident. Plusieurs discussions ont eu lieu entre les associations de malades et le directeur de l’ANRS à propos de la nécessité, l’obligation et la responsabilité morale de mettre en place une information spécifique dans le cadre d’essais où des interruptions de traitements sont requises. Cette information doit prévenir les malades par un paragraphe bien distinct et prévoir une réunion de prévention dont le but est d’informer le/la malade qu’il y a un risque accru, du fait de la possible explosion de la charge virale, notamment pour ses partenaires sexuels dans le cas d’une défaillance du préservatif. Des cas de contaminations ont été constatés dans d’autres études. L’ANRS, ainsi que l’investigateur de l’essai, n’en ont pas tenu compte et formulent un essai et une lettre de consentement éclairé sans mentionner ce risque.

quels est l’objectif de l’étude ?

L’étude Lipostop se propose de suivre l’évolution des anomalies fonctionnelles du tissu adipeux sous-cutané chez des personnes vivant avec le VIH bénéficiant d’une interruption programmée du traitement antirétroviral.

comment se déroule l’essai ?

Les inclusions débutent durant la première quinzaine de janvier 2004 et dure 1an. Le suivi est de 6 mois, la durée totale de l’étude est de 18 mois.
- A l’inclusion : bilan clinico-biologique, interruption du traitement antirétroviral, biopsie de tissu adipeux sous-cutané abdominal (sorte de lipoaspiration de 300mg de graisse sous la peau du ventre après une anesthésie locale).
- Au 3ème mois : Bilan clinico-biologique.
- Au 6ème mois : bilan clinico-biologique, biopsie de tissu adipeux sous-cutané abdominal (même procédure qu’à l’inclusion).

Dans le cas d’une reprise de traitement anticipée (en cas de chute de du taux de CD4 à moins de 250/mm3 confirmée sur 2 prélèvements ou en cas d’évènements cliniques associés au VIH), la seconde évaluation sera réalisée si l’interruption de traitement a duré au moins 3 mois.

quels sont les critères d’évaluation ?

- Le critère de jugement principal retenu est l’évolution sur six mois des anomalies morphologiques et fonctionnelles adipocytaires (anomalies de taille, de régénération, de différenciation, du contenu en DNA mitochondrial, présence d’apoptose) étudiées sur une biopsie de tissu adipeux sous-cutané abdominal.

- Les critères d’évaluation secondaires sont : l’évolution clinique de la lipodystrophie sur six mois par examen clinique et questionnaire patientE/médecin ; l’évolution du profil lipidique, de l’insulino-résistance, de la toxicité mitochondriale sur six mois ; et des cytokines adipocytaires et métaboliques.

Autres centres dans les hôpitaux parisiens : d’Avicenne, Bicêtre, R. Poincaré, J. Verdier, Necker, Tenon, Cochin, Pitié Salpétrière, Saint-Antoine et aussi à Monpellier, Nantes, Bordeaux, Toulouse Grenoble Tourcoing.

qui contacter ?

- investigateur principal : Dr Pascal Leclerc, CHU, 38043 Grenoble, tél : 04 76 76 52 92
- la ligne d’information d’act up-paris sur les essais cliniques est ouverte les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 14h00 a 18h00, 0149 29 44 82

grille de lecture

conditions d’entrées
naïfs non
pré-traités oui
charge virale indifférent
nombre de CD4 nadir > 200
infections opportunistes indifférent
bénéfices directs non

Notes

[1] de l’arabe, le nadir est la valeur minimale atteinte

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