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Des capotes, parce que nous le valons bien

publié en ligne : 6 décembre 2003

Aujourd’hui, une dizaine de militantEs d’Act Up ont distribué des tracts et affiché dans le Marais, afin d’informer la communauté pédé des premières actions que nous avons menées contre les établissements pédés de consommation sexuelle afin qu’ils fassent plus d’efforts en matière de prévention et/ou d’hygiène.

Nous sommes en colère parce que malgré tant d’années de lutte contre le sida, ces établissements ne sont toujours pas capables de faire le minimum : offrir des capotes et du gel à leurs clients. Il ne s’agit pas là simplement d’en laisser en libre accès au bar ou d’en donner une à l’entrée mais bien qu’il y en ait partout dans l’établissement et que la clientèle ne soit pas obligée d’en réclamer.

Il y a deux semaines nous zappions le Full Metal et la semaine dernière le Keller. D’autres boites sont également concernées et savent ce qu’elles risquent. Nous leur demandons pourtant simplement de respecter les consignes d’hygiène et de prévention qui sont inclues dans la charte de responsabilité mise en place par Aides, Act Up, Sida Info Service et le SNEG (Syndicat national des entreprises gaies), qu’ils soient signataires ou non de celle-ci.

Etre signataire de la charte de responsabilité, signifie pour un établissement d’obtenir gratuitement de la part du SNEG des pipelifes remplis de préservatifs à disposer dans les parcours sexuels, qu’il devra ensuite remplir par lui-même. Elle lui permet également de recevoir gratuitement des distributeurs de gel. Enfin, la charte de responsabilité fonctionne comme un label ce qui permet à l’établissement de bénéficier d’une publicité gratuite.

Cette charte a été signée il y a plus d’un an et demi au printemps 2002. Nous pensions que l’incitation et la pédagogie se suffiraient à elles-mêmes. Par notre campagne de zaps actuelle, nous intervenons afin de dénoncer la logique marchande de ces patrons qui refusent de distribuer des capotes. Ces établissements ont pourtant la possibilité de se fournir auprès du SNEG à trois centimes la capote. Entre ces trois centimes et la vie d’un pédé ils ont choisi, qu’ils répondent aujourd’hui de ce choix.

Notre politique a déjà porté quelques fruits. Le patron du Full Metal nous a répondu par un courrier qu’il assurait mettre à disposition de sa clientèle des préservatifs et qu’il installerait au plus vite des pipelifes dans ses parcours sexuels. Le SNEG a reçu des demandes de patrons qui souhaitaient eux aussi des pipelifes. Des clients de ces établissements nous ont même remercié d’avoir mené ces actions.

Il reste malgré tout encore une moitié des établissements pédés parisiens qui ne sont pas signataires de la charte. Nous ne leur demandons pas forcément d’y adhérer mais d’en respecter les règles c’est-à-dire de faire leur travail d’acteurs de prévention. Tant qu’ils refuseront de le faire, nous ne les laisserons pas tranquilles.

Les chiffres des reprises des contaminations dans la communauté homosexuelle et parmi les plus jeunes sont là. Il y a urgence.

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