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exposition au VIH : l’Etat organise l’inégalité des droits

publié en ligne : 24 juin 1997

Le dispositif de prophylaxie mis en place par la note 666 est inégalitaire. Il ne s’applique qu’aux professionnels de santé. Il exclut donc la quasi-totalité de ceux qui sont effectivement exposés au VIH, c’est-à-dire les milliers de victimes d’accidents de capote et les usagers de drogue ne disposant pas de matériel propre.

En France, quand un professionnel de santé — médecin, infirmière, aide-soignant(e) — se blesse avec une aiguille contenant du sang appartenant à un malade infecté par le VIH, il peut bénéficier dans les quatre heures qui suivent cet accident d’un traitement prophylactique pour prévenir une éventuelle contamination. Il s’agit d’une bithérapie AZT/3TC ou d’une trithérapie AZT/3TC/Indinavir de 30 jours, dont la puissance antirétrovirale peut empêcher le virus du sida d’infecter les cellules.

Ces dispositions sont contenues dans la note d’information DGS/DH/DRT n°666 du 28 octobre 1996 « relative à la conduite à tenir pour la prophylaxie d’une contamination par le VIH en cas d’accident avec exposition au sang ou à un autre liquide biologique chez les professionnels de santé ». Elle fixe de façon extrêmement détaillée les règles médicales à suivre immédiatement après un accident.

Dès l’exposition, les professionnels de santé connaissent les gestes simples qui limitent les risques de transmission : comment désinfecter efficacement la plaie, comment se nettoyer les yeux en cas de projection de sang, etc. Ils ont le choix de suivre ou de ne pas suivre la prophylaxie, ils peuvent évaluer avec un médecin compétent la nature de l’exposition qu’ils ont subie — massive, intermédiaire ou minime — et sont informés des avantages du traitement, de ses effets secondaires, et des incertitudes quant à son efficacité.

Ce dispositif est inégalitaire. Il ne prend pas en compte les accidents avec exposition au sperme. Il ne s’applique qu’aux professionnels de santé. Il exclut donc la quasi-totalité de ceux qui sont effectivement exposés au VIH, c’est-à-dire les milliers de victimes d’accidents de capote et les usagers de drogue ne disposant pas de matériel propre.

Sur la foi des connaissances scientifiques actuelles, l’Etat sait qu’un usage prophylactique des médicaments antirétroviraux est possible dans les heures qui suivent l’exposition au virus du sida. Mais il a choisi de limiter la diffusion de ce savoir. Des médecins le savent aussi : les professeurs Catherine Katlama, Willy Rozenbaum et Jacques Leibovitch prescrivent déjà une trithérapie aux patients séronégatifs qui se présentent dans leur service immédiatement après avoir été en contact avec le VIH (cf. Remaides n° 24, juin 1997).

Pourtant, ce savoir reste clandestin, inaccessible et sélectif. Act Up-Paris a décidé de le rendre public.

En cas d’exposition au virus du sida :
- Appelez un médecin du service des maladies infectieuses ou de médecine interne le plus proche, dont Sida Info Service (tel. 0800 840 800) peut vous communiquer les coordonnées. A défaut, appelez les urgences.

- Présentez-vous le plus rapidement possible dans ce service et demandez à bénéficier en urgence des mesures prévues par la note d’information DGS/DH/DRT n°666 du 28 octobre 1996. Cette note est disponible auprès de la Direction Générale de la Santé, 8 avenue de Ségur, 75350 Paris 07 SP (tél : 01 40 56 42 93 ; fax : 01 40 56 56 20).

Attention ! La note n° 666 stipule très clairement : « le délai rapide de début du traitement, si possible dans les quatre premières heures, reste un élément capital de l’efficacité préventive. Plus le traitement est débuté de façon tardive, plus le bénéfice semble aléatoire ». Tout de suite après une rupture de préservatif, et dans tous les cas d’exposition du vagin, de l’anus ou de la bouche à du sperme contaminé, nettoyez délicatement à l’eau tiède, sans créer d’irritation ou de lésions qui pourraient favoriser la pénétration du virus. L’objectif est d’éliminer le plus rapidement possible le sperme mis en contact avec les muqueuses. Dès maintenant, parlez-en avec votre médecin traitant.

Avec Act Up-Paris, exigez que les dispositions de la note d’information n°666 du 28 octobre 1996 soient étendues sans distinction à toutes les personnes exposées au virus du sida.

Demandez au Directeur Général de la santé, Jean-François Girard, de vous expliquer pourquoi il continue d’opposer les bonnes et les mauvaises contaminations (tél : 40 56 40 40 ; fax : 01 40 56 40 56).

Cette information a été publiée par Act Up-Paris sous forme d’encart — payant — dans Libération daté du 24 juin 1997.

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