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Traitements d’urgence : 4 heures pour réagir

publié en ligne : 5 juillet 2003 dans Protocoles 29

En mai 2002, nous attirions votre attention dans Protocoles sur le contenu possible de cette circulaire alors en discussion entre les pouvoirs publics et les associations de lutte contre le sida. Nous craignions alors une mauvaise estimation de ce dispositif d’accès aux traitements d’urgence pour lequel nous nous étions battus en 1997.

Depuis les discussions ont avancé et le 2 avril 2003 est sortie la circulaire mise à jour, texte de référence définissant le cadre du dispositif d’urgence et les recommandations aux médecins et soignants pour la prise en charge des personnes.

Simple rappel du dispositif : il s’agit pour les personnes séronégatives ayant été exposées au virus VIH de pouvoir s’adresser aux services d’urgence de tous les hôpitaux de France pour recevoir un traitement antirétroviral d’un mois en vue d’éviter l’infection. Ce traitement n’a pas une efficacité absolue, mais sur près de 6 902 expositions déclarées entre juillet 1999 et juillet 2001, seulement 2 personnes ont été contaminées malgré le traitement. Dans ce nouveau texte, plusieurs choses très importantes sont à noter.

réagir plus vite après un risque

Il faut réagir très vite après l’exposition pour éviter l’infection. Les recommandations précédentes donnaient un délai de 48 heures maximum pour commencer le traitement. Ce délai maximum n’a pas changé, mais des études virologiques ont montré que l’efficacité de la trithérapie est maximale si les médicaments sont pris dans les 4 heures qui suivent l’exposition. Il faut donc réagir très rapidement. Très concrètement, si on est exposé à un risque de contamination pendant la nuit, il ne faut pas attendre le lendemain matin pour aller aux urgences.

mieux choisir les médicaments

Certains médicaments peuvent provoquer des effets secondaires graves dès les premières prises. Ces médicaments ont été écartés des traitements de référence (traitements standards qui sont donnés, si on ne dispose pas d’information permettant de choisir plutôt tel ou tel autre médicament). Les médicaments écartés sont :
- l’abacavir (Ziagen®), inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase inverse, peuvent provoquer des réactions d’hyper-sensibilité.
- les inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse : la névirapine (Viramune®) a pour effets secondaires graves notamment des hépatites aigues et des syndromes de Lyell ; l’efavirenz (Sustiva®) peut provoquer des angoisses et des hallucinations.
- l’indinavir (Crixivan®) est un inhibiteur de protéase qui provoque des coliques néphrétiques violentes si on ne s’hydrate pas énormément.
- l’association ddI+d4T (Videx® et Zerit®), deux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse, risque de provoquer des acidoses lactiques.

La circulaire prévoit quand même un cas particulier : si la personne exposée se présente aux urgences avec la personne séropositive avec qui elle a pris un risque, si cette personne est sous traitement avec l’un de ces médicaments écartés et que ce traitement est efficace pour elle, on pourra faire exception et choisir un traitement certes moins bien toléré, mais dont on sait qu’il est efficace sur le virus éventuellement transmis.

mieux accueillir les malades

C’est une particularité de cette circulaire que d’insister à juste titre sur la qualité de l’accueil et des soins donnés aux personnes se présentant pour un traitement d’urgence : trop de personnes abandonnent le traitement en cours de route parce qu’elles ont été mal accueillies ou mal conseillées. Trop de personnes n’ont pas été prévenues des effets secondaires inévitables des traitements et de la nécessité impérative de le poursuivre jusqu’au bout pour qu’il soit efficace. Il s’agit là d’un traitement d’un mois pouvant éviter d’être séropositif pour le restant de sa vie, ça mérite qu’on le suive correctement.

pour savoir, ne pas être pressé

Cependant nous avons plusieurs critiques :
- Pas de hotline . Nous avions demandé la mise en place d’une hotline d’information pour les médecins urgentistes : les médecins urgentistes ne sont pas des spécialistes du sida, ils connaissent mal les médicaments. Il était donc important de leur assurer les moyens d’obtenir rapidement un conseil auprès d’un spécialiste sous forme d’une astreinte téléphonique permanente en cas de doute ou d’incertitude. Les pouvoirs publics ont préféré faire l’économie de cette garantie alors même qu’ils insistent dans la circulaire sur l’importance d’un meilleur accueil. Incohérence.
- Pas d’information. Les pouvoirs publics refusent de voir dans ce dispositif un moyen de prévention alors même qu’il s’agit de l’ultime moyen de prévention de l’infection, une fois qu’il est trop tard pour mettre un préservatif. Ils ne communiquent pas sur ce dispositif qui reste encore largement inconnu du grand public. Alors qu’il y a trop peu de campagnes de prévention, les pouvoirs publics refusent d’informer la population d’un moyen d’éviter l’infection en cas d’exposition. Irresponsabilité.

source

Vous pouvez retrouver le texte de la circulaire (en format pdf) à cette adresse http://nosobase.univ-lyon1.fr/legislation/AES/ci020403.pdf

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