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Des militantEs d’Act Up-Paris insultéEs et frappéEs face à Nicolas Sarkozy

publié en ligne : 28 mai 2003

En intervenant lors de la signature du contrat de sécurité du 17e arrondissement, nous entendions protester publiquement contre la politique instaurée par la Loi pour la Sécurité Intérieure concernant la prostitution, et relayée à Paris par la circulaire d’application du procureur de Paris Yves Bot, également présent sur les lieux.

Sous l’œil du Ministre de l’Intérieur, notre prise de parole s’est soldée par une évacuation des lieux délibérément extrêmement violente de la part des services de police présents dans la salle. Alors que nous hurlions « Vous me faites mal ! » - Nicolas Sarkozy en personne a assuré son public qu’on allait nous donner « des pastilles pour la gorge » - , nous nous sommes retrouvéEs pliéEs en deux au sol, maintenuEs à genoux sous la contrainte, projetéEs les unEs contre les autres, avec les poignets, les bras et la nuques tordus pour nous immobiliser. Un militant est sorti avec du sang sur le visage, d’autres avec l’avant-bras éraflé et des vêtements déchirés. Nous avons par ailleurs été insultéEs : un militant s’est par exemple fait traiter d’« enculé », pendant qu’on opposait à d’autres des « ta gueule ! » quand nous leur demandions d’arrêter de nous faire mal. Et comme si le cas que fait la police du 17e arrondissement des membres d’une association de malades du sida n’était pas assez clair, elle s’est chargée de nous le faire savoir explicitement : « On en a rien à foutre que vous soyez malades ». Une fois au commissariat, certainEs ont été menacéEs de se « prendre des torgnioles », avant que nous finissions menottéEs au banc.

On voit ainsi comment procèdent ces personnes censées appliquer la loi en présence du Ministre de l’Intérieur et du procureur de la République de Paris, et comment, une fois de plus, la politique sécuritaire couvre et entraîne des excès de zèle et de violence de la part des forces de l’ordre.

Que ces personnes se le tiennent pour dit, nous n’entendrons pas pour autant nous habituer à renoncer à notre droit à l’expression publique.



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