essai contre les effets indésirables

BA 2002/01/03 [bioalliance]

publié en ligne : 22 mars 2003 dans Protocoles 27

Essai ouvert non comparatif de phase III évaluant l’activité antifongique et la tolérance des comprimés de miconazole (Lauriad®) dans le traitement des candidoses oro-pharyngées des patients séropositifs.

à qui s’adresse cet essai ?

Celui-ci s’adresse à 66 personnes séropositives adultes atteintes d’une candidose oro-pharyngée, avec ou sans traitement antirétroviral.

commentaire

Ce médicament nouveau exploite un principe actif déjà ancien et sans brevet. D’autres traitements ont été mis au point contre la candidose, comme le fluconazole (Triflucan®), l’itraconazole (Sporanox®) ou le kétoconazole (Nizoral®). Or pour ces derniers, il s’agit essentiellement de traitements systémiques, c’est-à-dire des comprimés ou gélules recommandés essentiellement en deuxième intention lors d’une rechute.

Pour une première candidose, lorsqu’elle se limite à l’intérieur de la bouche, et qu’elle n’est pas encore étendue à l’œsophage, on préférera des traitements topiques, traitements locaux appliqués sur la peau ou les muqueuses. La forme précédente du miconazole en traitement local (gel à garder en bouche 3 minutes) avait une efficacité réduite, car leur concentration dans la salive ne restait pas élevée suffisamment longtemps. Il fallait donc renouveler l’opération au moins 4 fois par jour, la dose totale quotidienne était élevée, le goût désagréable.

Les comprimés bio adhésifs se positionnent sous la lèvre supérieure, contre la gencive et fondent lentement au cours de la journée. Ils sont donc invisibles et ne devraient pas provoquer de gêne particulière. Les effets secondaires semblent réduits. L’action prolongée de libération du médicament permet d’avoir pendant une grande partie de la journée une concentration suffisante de médicament dans la salive : on s’attend à une efficacité supérieure aux autres traitements locaux, avec des effets secondaires et des interactions médicamenteuses moindres qu’avec les gélules.

La forme galénique de ces comprimés bio adhésifs est une nouveauté, élaborée à partir de protéines du lait. Il est donc important de ne pas être allergique au lait. Cet essai comporte plusieurs avantages : peu d’essais sont montés sur les traitements des infections opportunistes et la durée de l’essai est courte. L’intérêt est aussi de bénéficier d’un traitement qui semble assez léger pour une première infection, sans trop d’effets secondaires.

quel est l’objectif de cet essai ?

L’objectif principal est d’évaluer l’efficacité clinique du miconazole sur la candidose oro-pharyngée après 7 jours de traitement puis après 14 jours (examen visuel à l’œil nu des lésions) .

Les objectifs secondaires sont :
- évaluer l’efficacité du miconazole par une observation au microscope après 14 jours de traitement (prélèvement par écouvillon, sorte de coton tige, examen sans douleur),
- évolution des brûlures, douleurs ou érythèmes dus à la candidose,
- tolérance locale et biologique,
- durée d’adhésion du comprimé à la gencive et observance (par questionnaire rempli par les malades),
- taux de rechute , 30 jours après l’arrêt du traitement.

quels sont les critères d’évaluation ?

Le critère principal est le taux de réponse complète ou partielle (amélioration d’au moins 50% de l’extension des lésions) après 14 jours de traitement.

quels sont les traitements proposés ?

Un comprimé bio adhésif à 50mg, une fois par jour, à appliquer entre la gencive supérieure et la lèvre, pendant 14 jours.

quels sont les critères d’exclusion ?

Les malades atteints de candidose étendue à l’œsophage, en dehors de la bouche et du pharynx et candidoses systémiques (internes) ne peuvent participer à cet essai, les autres traitements étant plus appropriés.

Ne peuvent participer les malades prenant d’autres traitements antifongiques. Les malades ayant une insuffisance hépatique ou une allergie au lait ne peuvent pas participer non plus. Les femmes enceintes sont exclues de l’essai.

comment se déroule l’essai ?

Le jour de l’inclusion, prélèvement buccal (écouvillon) et prise de sang, description des troubles liés à la candidose (brûlures, douleurs, érythèmes, etc.). Le malade doit remplir chaque jour un questionnaire pour décrire le traitement et ce qu’il ressent.

Une visite a lieu après 7 jours de traitement avec une prise de sang. Une autre visite a lieu après les 14 jours de traitement, avec prélèvement mycologique (écouvillon) et prise de sang. Enfin une visite a lieu un mois après la fin du traitement, avec examen buccal et éventuellement un prélèvement mycologique en cas de rechute.

qui contacter ?

- coordinateur clinique de l’essai : Prof. Bertrand Dupont, Hôpital Necker, 75015 Paris, tel : 01 44 16 01 30 ;
- La ligne d’information d’Act Up-Paris sur les essais cliniques : le mercredi, le jeudi et le vendredi de 14h00 à 18h00, 01 49 29 44 82

grille de lecture

conditions d’entrées
naïfs indifférent
pré-traités indifférent
charge virale indifférent
nombre de CD4 indifférent
infections opportunistes candidose oro-pharyngée
bénéfices directs oui

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