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Le bareback et nous

publié en ligne : 3 mars 2003 dans Action 86

Nous le disions déjà il y a quatre ans, à la Lesbian and Gay Pride de 1999. Depuis, nous n’avons cessé de le répéter ; notre position n’a pas changé : nous sommes fièrEs d’en mettre. Parce que nous pensons que 20 ans de sida, 25 000 pédés morts du sida signifient quelque chose. Parce que nous pensons que depuis 15 ans, notre communauté a construit une mobilisation qui doit continuer.

Nous l’avons dit et répété : quand on est séronégatif, baiser sans capote, c’est prendre le risque d’être contaminéE, de devoir vivre avec la maladie, les traitements et leurs effets secondaires : lipodystrophies, diarrhées, nausées, neuropathies, ostéoporose, etc. C’est devoir y laisser sa peau, aussi. Non, le sida n’est pas une maladie chronique.

Quand on est séropositif, baiser sans capote, c’est prendre le risque d’une surinfection avec des résistances à la clef, de contracter d’autres IST : syphilis, gonorrhées, etc. C’est aussi prendre le risque de contaminer quelqu’un qui pourrait rester séronégatif.

Le bareback n’est pas autre chose que du marketing sur la pulsion de mort. Films, sites ou livres, le moteur est le même : faire de l’argent sur l’idée que flirter avec la mort, c’est cool. C’est insupportable. Il est insupportable que notre sexualité soit financièrement et publiquement transformée en un vecteur de mort. Insupportable que la mobilisation communautaire de toutes ces années risque d’être réduite à néant parce que certains trouvent facile et lucratif de mettre la maladie et la mort à la mode.

Pour nous, notre slogan « j’ai envie que tu vives » reste d’actualité. Ringard ? C’est toujours sur des réflexes de vie que notre communauté s’est soudée, rassemblée, consolidée. Ce n’est pas sur un marketing de mort qu’elle va s’épanouir. Les barebackers se complaisent dans l’épidémie et se foutent bien de ce qui peut arriver aux autres malades. De notre côté, nous préférons combattre le sida et nous battre pour les droits et la santé des malades du sida. Et nous savons que dans le contexte actuel de l’épidémie, propager un discours bareback, c’est œuvrer pour la propagation du sida.

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