Édito

publié en ligne : 11 juin 1998 dans Action = Vie 21

Dans le magazine gay et lesbien "Têtu" de mai 1998, un médecin s’élève contre le fait qu’"avec la reprise du pouvoir par les médecins, la relation médecin-malade redevient purement une relation de pouvoir, verticale et non transversale". Il est un fait qu’avec la mise en place des multithérapies anti-sida, les relations entre les patients atteints par le VIH et leurs médecins se sont considérablement dégradées. L’existence de plusieurs molécules, en redonnant la prédominance à la science, place de nouveau au second plan la necessité d’une relation plus équilibrée entre le patient et son médecin.

Quotidiennement, des malades nous font part de leurs difficultés à se faire entendre de leur médecin et de l’impossibilité qui en résulte à négocier la meilleure stratégie thérapeutique. Que dire de la surdité des médecins concernant les conditions sociales dans lesquelles vivent leurs patients. La plupart d’entre eux considère que leur art n’a rien à voir avec cette question. Pourtant, il est souvent impossible de dresser une cloison étanche entre le médical et le social, nous le montrons dans ce numéro d’Action=Vie avec l’allocation adulte handicapé. En effet, de nombreuses personnes nous font part du refus de la COTOREP de leur accorder une AAH basé sur un certificat médical du médecin traitant mal rempli.

Parce qu’ils ne prennent pas le temps de donner suffisamment d’informations sur la situation concrète de leur patient, ces médecins aggravent ainsi, même involontairement, des situations sociales déjà difficiles. Il est cependant admis que des conditions de vie correctes constituent une des conditions à une bonne prise en charge thérapeutique. Le sida, parce qu’il est une maladie liée à la précarité, oblige à repenser profondément les rapports entre les différentes sphères liées au médical. Il reste encore beaucoup à faire.



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