Trois types de produits sont en effet injectés aux condamnés : le sodium thiopental (le Penthotal d’Abbott), le paneuronium bromide (le Pavulon d’Organon) et le potassium chloride (de Roxane).
Si Mme Badmington, Vice-présidente d’Abbott à Washington, a reconnu lors de l’action l’utilisation du Penthotal par l’Administration Pénitentiaire américaine pour exécuter les condamnés à mort, elle tente cependant de se disculper en mettant en avant l’indication de ce produit comme anesthésiant en milieu hospitalier.
En vérité, peu importe l’indication, pourvu que le laboratoire vende ses produits. Antirétroviraux, anesthésiants ou mort-aux-rats, Abbott ne se préoccupe pas d’éthique. Sa politique en matière de lutte contre le sida nous l’a d’ailleurs appris à nos dépens. En 1996, le laboratoire n’hésitait pas à proposer un tirage au sort parmi les malades du sida pour la dispensation du Norvir, produit en trop faible quantité. En 1999, il mentait sur l’état de ses stocks d’ABT378 [1] et retardait la mise à disposition du produit en France alors que 8 000 séropositifs étaient en échappement thérapeutique. Aujourd’hui encore, Abbott condamne les malades des pays du Sud en refusant de réviser ses prix à la baisse.
Act Up-Paris exige que les laboratoires Abbott, Roxane et Organon cessent de fournir leurs produits aux Etats américains qui exécutent des prisonniers.
[1] Lopinavir/r, commercialisé sous le nom de Kalétra®
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