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Roche : Feasting on our dead bodies

Roche se repaît de nos cadavres

publié en ligne : septembre 2008 dans Action 114

 

Act Up-Paris appelle à soutenir la campagne mondiale d’actions, initiée par les activistes Sud-CoréenNEs, contre le géant pharmaceutique Roche. Après avoir annoncé courant 2008 qu’il mettait un terme à ses recherches dans le VIH, le laboratoire suisse s’illustre par son refus d’approvisionner la Corée du Sud en Fuzéon®.

Désengagement de la recherche sida

Le 11 juillet 2008, le laboratoire Roche annonçait dans le Financial Times qu’il se retirait de la recherche dans le VIH/sida [1]. Les raisons invoquées officiellement et mises en avant étaient le peu de nouveaux résultats encourageants obtenus dans les essais. Les véritables raisons sont bien évidemment liées aux profits réalisés par Roche sur les médicaments anti-VIH dont il détient des brevets : il s’agit uniquement d’inhibiteurs de protéases et de fusion : le Viracept®, l’Invirase® et le Fuzeon®. Ces trois molécules permettent à Roche de réaliser 157 millions de dollars de profits par an, des profits qui ne constituent pas une somme suffisamment importante pour que le géant pharmaceutique suisse estime intéressant de poursuivre ses recherches dans le VIH. Roche interrompt donc ces recherches, pour se concentrer sur d’autres, qui lui seront probablement bien plus profitables.

Pourtant, la firme suisse n’est pas à plaindre, avec des profits en hausse de 8 milliards de dollars pour 2007, Roche est devenu l’une des cinquante premières multinationales au monde. Autant dire que les profits sur le dos des malades fonctionnent bien.

Si le laboratoire a cessé d’investir dans la recherche sur le VIH/sida, il continue d’augmenter le prix de ses médicaments, et gagne jusqu’à 30000$ par an et par malade pour le Fuzeon®, un traitement antirétroviral utilisé par les personnes en échec thérapeutique. Roche exige le même prix, à la fois des pays comme les Etats-Unis, où le PIB par habitantE est de 46000$, que des pays en développement, comme la Corée du Sud, où le PIB par habitantE est de 19400 $. A noter que les ventes de Fuzeon®ont rapporté 266,8 millions $ à Roche en 2007 [2]. Et c’est là que la bât blesse. En Corée du Sud, les activistes locaux viennent d’appeler à une semaine d’action mondiale contre Roche.

Parce qu’il possède un brevet qui lui permet d’avoir un total monopole sur le traitement antirétroviral Fuzeon®, en Corée du Sud, le laboratoire Roche préfère ne pas alimenter le marché coréen en Fuzeon®plutôt que de réduire le prix de ses médicaments. L’avidité de l’industrie pharmaceutique est sans honte et sans limites.

Quand on a le monopole, pas besoin d’être humain

Le ministère de la Santé de Corée, a enregistré, en 2004, le Fuzeon® au prix de 18000$ par an et par personne. Alors que ce traitement est recommandé pour les malades n’ayant plus d’options thérapeutiques efficaces, Roche persiste dans sa volonté de priver ces malades d’un traitement pourtant indispensable pour elles et eux. Le gouvernement coréen affirme qu’il ne peut pas payer ces 22000$ par an réclamés par la firme suisse. Un directeur marketing de Roche-Corée, M. Urs, a déclaré, lors d’une interview, que ce médicament ne serait effectivement pas mis sur le marché de certains pays en développement, notamment la Corée du Sud, parce que ces pays n’ont pas les moyens de payer le prix exigé par le laboratoire. M. Urs d’ajouter : « On ne fait pas des affaires pour sauver des vies, mais pour faire de l’argent, sauver des vies ce n’est pas notre problème ! ». Roche considère que la demande à la Corée du Sud, qui est dotée d’un système d’assurance maladie, n’est pas justifiée, et comme d’autre part, la Banque Mondiale classe la Corée du Sud dans les pays à revenu élevé, pourquoi alors faire une exception ? Il est important de noter que la Corée du Sud, en tant que pays intermédiaire, n’est pas éligible au Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Contrairement aux pays les moins avancés (dits PMA, terme onusien politiquement correct pour désigner les pays les plus pauvres), la Corée du Sud ne peut donc pas faire financer de médicaments par le Fonds Mondial, ou d’autres bailleurs de fonds internationaux.

Les malades du sida, les personnes vivant avec le VIH, les activistes coréenNEs, appellent à une semaine mondiale d’action contre Roche, pour exhorter le laboratoire à arrêter d’abuser de sa position de force, induite par son monopole sur le Fuzeon®, et de les menacer de ne pas les fournir en médicaments.

Un programme alléchant

La semaine d’actions débutera le 1er octobre, pour se terminer le 7. Act Up-Paris appelle touTEs les activistes à réagir à ce nouvel exemple de l’infamie de l’industrie pharmaceutique. Des précisions sur les actions à mener, seront indiquées sur le site internet d’Act Up-Paris au moment du lancement de la semaine, afin de donner la possibilité à celles et ceux qui le souhaitent de se joindre à nous, et d’exprimer leur colère contre le laboratoire Roche.

L’avidité de Roche doit être sanctionnée, et la Corée du Sud doit pouvoir utiliser les flexibilités que lui offrent les accords ADPIC pour émettre des licences obligatoires, afin de passer outre le brevet et de permettre un accès à des prix les plus bas possibles.

 

Notes

[1] Roche to drop HIV therapy research, 11.07.08, The financial times.

[2] Roche to suspend HIV research, seeing no advances, 11.07.08, Reuters.

 

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