La baisse de 15% demandée par Eric Woerth reviendrait à supprimer le traitement sida à 15 000 des 100 000 malades pris en charge par la France à travers le Fonds mondial [1].
Nos associations rappellent au Président de la République ses engagements électoraux d’il y a quatre mois et ceux du G8 il y a deux mois, ainsi que les autres engagements de la France :
Le 27 avril 2007, la France et les autres pays financeurs du Fonds mondial ont annoncé s’être mis d’accord pour quadrupler les ressources du Fonds mondial de 2 à 8 milliards de dollars entre 2007 et 2010 (sur les 23 milliards besoins estimés en tout nécessaires).
Fin avril 2007, durant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy a affiché son soutien à cet objectif, en ajoutant dans ses propositions électorales : « On ne peut pas considérer que le problème du sida s’arrête aux frontières de l’hexagone. L’accès aux médicaments n’est pas seulement une obligation morale de solidarité, c’est une obligation pour nous ».
Le 7 juin 2007, au sommet du G8, Nicolas Sarkozy a précisé : « je me suis engagé sur l’accès universel au traitement du sida en 2010. Je me suis engagé pour que l’on fasse plus pour la santé des Africains. La France finance 10% du total des dépenses sur le Fonds sida, paludisme, tuberculose. Il n’est pas question de dire cela pour dire : « cela suffit ». Au contraire, nous sommes prêts à faire davantage » .
Le 8 juin 2007, toujours au G8 : « Le G8 s’est engagé à financer la santé en Afrique à hauteur de 60 milliards de dollars au cours des prochaines années. Les Etats-Unis se sont engagés à financer la moitié de cette somme. Quant à la France, elle va consacrer un milliard de dollars par an à la santé en Afrique » .
Au vu de ces engagements, Nicolas Sarkozy doit au minimum maintenir le poids de 10% de la France dans le Fonds mondial. Cela représente 800 millions de dollars sur les 8 milliards à apporter en 2010 - soit 600 millions d’euros. La contribution française 2007 étant de 300 ME, cela implique 400 millions en 2008, 500 en 2009, afin d’arriver en 2010 à 600 millions.
Enfin, nous rappelons à Nicolas Sarkozy que, en avril 2007, après 12 mois de lobbying tous azimuts de la diplomatie française, la France a réussi à convaincre le Conseil d’Administration du Fonds d’engager comme Directeur Général son ex-ambassadeur Michel Kazatchkine. Pour ce faire, la France s’est à nouveau engagée auprès des pays pauvres et riches siégeant au Fonds mondial à augmenter considérablement sa contribution.
Les malades et les associations de lutte contre le sida sont bien conscients des contradictions budgétaires que rencontre le gouvernement. Mais la France n’en est pas devenue un pays pauvre pour autant. Les économies ne peuvent pas être réalisées sur le dos des plus faibles, ceux qui meurent du sida dans les pays en développement. Nicolas Sarkozy doit tenir ses propres engagements, et confirmer le maintien du poids de la France dans le Fonds, soit 400 millions d’euros dès 2008, sous peine de condamner à mort des centaines de milliers de malades.
[1] 10% de 1 million = 100 000 malades traités grâce à la France.
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