Nous n’avons pas perturbé l’exercice du culte. AucunE croyantE n’a été interpelléE, aucune prière n’a été interrompue. Le mariage a été prévu à une heure où il n’y avait pas de messe. La cérémonie a duré 4 minutes. Bref, nous n’avons pas « bafoué » la religion ni porté atteinte à la liberté religieuse ou l’exercice du culte. Nos communiqués de l’époque montrent que ni Patrick Jacquin, ni son autorité, n’étaient visés par notre action. Le recteur faire valoir « l’affectation cultuelle » - une sorte de droit de propriété. Mais s’il le fait pour montrer qu’un couple de lesbiennes est malvenu dans « sa » cathédrale, il aura ensuite du mal à convaincre que l’Eglise est un lieu d’accueil et d’asile.
Notre action visait à montrer, joyeusement, notre revendication en faveur du mariage homosexuel et à dénoncer l’opposition de l’Eglise à l’égalité des droits entre homos et hétéros. Nous voulions aussi protester contre le lobby national et international qu’elle mène sur cette question ainsi que son opposition au préservatif. Les récentes tentatives du Vatican pour empêcher l’adoption en Italie du mariage homosexuel le montrent encore, s’il en était besoin : la hiérarchie catholique ne se contente pas d’une simple pastorale qui concernerait les croyantEs ; elle entend imposer un modèle strict à la société laïque.
Patrick Jacquin parle de notre action comme d’une « parodie » de mariage. C’est sur ce terme que l’ensemble de son accusation repose. Plus grave, le Parquet l’a repris à son compte. L’Etat considère donc, comme l’Eglise, qu’une union symbolique de deux femmes est forcément une parodie, une caricature. Les demandes légitimes des couples homosexuels sont ainsi rabaissées. Cette démarche juridique du prêtre est une preuve du bien-fondé de notre action. Qu’il gagne ou qu’il perde, Patrick Jacquin nous aura donné raison. Sa plainte illustre parfaitement la politique de la hiérarchie catholique à notre égard : mépris, haine et exclusion
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