Le net reste un lieu privilégié où peuvent s’exprimer les barebackers. Et la nécessité de répondre à ce discours, là où il est le plus répandu, est d’autant plus grande que les pouvoirs publics ont totalement délaissé ce média. Pourtant, de plus en plus d’homos, et notamment des jeunes, utilisent Internet pour fantasmer, faire des rencontres, baiser. Le dossier suivant a donc été envoyé à une petite dizaine de sites, chez qui on peut parfois trouver des pages de prévention, mais qui n’ont le plus souvent entamé aucun débat sur le bareback. Nous attendons maintenant leur réponse.
A côté du relâchement des pratiques safe (relapse), le bareback suppose lui une véritable volonté de baiser sans capote et une argumentation pour la justifier. Le bareback a sans doute toujours existé, mais il est sorti de sa confidentialité à un moment où l’épidémie a changé de visage, du moins dans les pays développés. Le bareback se présente volontiers comme un discours révolutionnaire : la liberté du corps contre la « morale » du tout capote. Mais ne vous y trompez pas : mettre une capote n’est pas un acte qui entrave la liberté sexuelle, c’est un acte médical, un acte de protection, le seul moyen d’empêcher la contamination par le virus du sida. Etre libre de son corps, c’est essayer de garder son corps en bonne santé.
Si tu es séropositif
Tu sous-estimes peut-être la réalité d’autres MST (syphilis, gonococcies, etc...) qui ne peuvent qu’aggraver l’infection à VIH. Tu ignores peut-être que tu peux par ailleurs être infecté par un virus du sida différent du tien, qui aura muté et peut développer des résistances aux traitements.
- Tu refuses les « contraintes de la prévention », de la capote et du gel
Mais seule la capote, utilisée avec du gel lubrifiant à l’eau, protège du sida et des MST. Les utiliser constamment peut être lassant, mais il n’y a pas d’alternative.
- Tu sais déjà tout ça et tu assumes pleinement le bareback
Une épidémie ne peut être endiguée que si chacun fait un effort de prévention. En pratiquant le sexe sans capote, tu contribues directement à un retour de l’épidémie.
Si tu es séronégatif Tu risques de te faire contaminer par le virus du sida et de devoir suivre un traitement lourd, à vie. Tu risques aussi de contracter toutes les autres MST qui, outre le fait d’être handicapantes en elles-mêmes, facilitent la transmission du virus.
Si tu es séropo Tu risques de transmettre le virus du sida à un séronégatif. Et si tu baises avec un séropo, tu risques de contracter une MST qui te fragilisera ou de la transmettre à un autre séropo. Comme indiqué plus haut, tu peux par ailleurs être infecté par un virus du sida différent du tien, qui aura muté et peut développer des résistances aux traitements et te retrouver ainsi en échappement thérapeutique, à savoir que plus aucun médicament ne pourra freiner la progression du virus.
Dans tous les cas, n’oubliez jamais :
Que seul le préservatif, masculin ou féminin, utilisé avec du gel pour les pénétrations anales, protège d’une infection au virus du sida et aux MST.
Qu’en cas de prise de risques, vous devez vous rendre le plus vite possible, et au plus tard sous les 48 heures, dans un service hospitalier d’urgence afin d’obtenir un traitement préventif qui empêche la contamination.
Faire régulièrement un dépistage du VIH et des hépatites virales.
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