Act Up-Paris, qui, avec le SNEG et SOS Homophobie, avait porté plainte contre le député UMP, se félicite de ce jugement. Nous nous félicitons de même que le tribunal n’ait pas suivi le système de défense du député, qui consistait simplement à remettre en cause la loi du 30 décembre 2004 ; et à assurer qu’il n’y avait pas injure dans ses propos car il ne parle pas de " personnes " mais de " comportement homosexuel ". Nous nous gardons de tout triomphalisme : nous savons que la décision peut changer en cas d’appel du député.
Si nous demandons à ce qu’il n’y ait plus d’impunité pour les injures homophobes, c’est bien qu’elles ont un impact extrême dans nos vies et sur l’ensemble de la société, surtout quand elles sont tenues par une personnalité publique, élue de la République, de surcroît. En nous traitant d’inférieurEs, de " menace pour la survie de l’humanité " ou de " sectaires ", des gens comme Christian Vanneste légitiment les discriminations et les agressions à notre égard ; ils entretiennent un contexte homophobe qui nourrit le mépris de soi, la sursuicidalité chez les gays ; enfin, ils excluent nos revendications légitimes du débat démocratique.
La société, avec ce jugement, commence enfin à reconnaître les conséquences dramatiques de l’homophobie, quand elle se manifeste par des injures. Il est temps maintenant que les politiques en tiennent compte. Il est urgent, au-delà de la nécessaire répression de ces propos de mettre en place une politique de prévention de l’homophobie ambitieuse et cohérente.
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