Ce colloque excluait volontairement les expertEs les plus légitimes de la question trans : les trans elles/eux-mêmes. Les psychiatres parlent à la place des trans, la psychiatrie stigmatise les trans, comme l’exposé des objectifs généraux de ce « séminaire clinique » le prouve. On annonce que seront abordés « les troubles de l’identité sexuée tour à tour en lien avec le champ de la psychose » ou encore « la thématique du passage à l’acte et de la perversion ». Pour les psys, les trans n’existent pas en dehors de leurs supposés troubles systématiques de la santé mentale.
Ce séminaire était co-organisé par Colette Chiland, spécialiste de la haine envers les trans. Dans ses ouvrages, (Changer de sexe, son « Que sais-je » sur le transsexualisme), elle étale les pires poncifs sur les homos et les trans. Accorder des droits aux homos et aux trans ? « Une atteinte aux fondements de la civilisation » selon elle. La demande élémentaire des trans d’être appeléEs selon son genre d’adoption ? « On ne peut plus utiliser l’opposition transsexuels-transsexuelles car on ne sait plus qui veut dire quoi ». A propos d’un de ses patients, elle écrit « Il attirait l’attention en se présentant comme un repoussoir à la relation » - et c’est ce modèle-là que l’Université propose à ses étudiants ?
Pour Colette Chiland, « l’idée de changement de sexe est une idée folle ». Ce séminaire est l’application de ce préjugé lamentable. Pour les psys, nous ne pouvons exister que fou/folles, perverSes, dépriméEs. Nous continuons à leur montrer ce que nous sommes : fierEs et combattifVes, en colère contre leurs opinions haineuses.
Nous exigeons :
de Colette Chiland, qu’elle se taise ;
que la question trans soit dépsychiatrisée ;
que les trans participent aux séminaires abordant ce sujet, et aux groupes de travail pour l’amélioration de l’accès aux soins et de leur prise en charge.
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