Quelques heures avant l’intervention du Président français, le Directeur-Général de l’OMS a rendu public à Davos le rapport d’étape de l’initiative « 3 millions de malades du sida sous traitement d’ici fin 2005 » (ou « 3x5 »), lancée par l’OMS le 1er décembre 2003. Le rapport indique dans son chapitre intitulé « The resource gap » qu’au moins 2 milliards de dollars sont encore manquants pour atteindre cet objectif.
Pourtant, face à cette urgence immédiate, Jacques Chirac n’a toujours proposé aucune augmentation de la contribution française à la lutte mondiale contre le sida. Alors que le Fonds mondial sida-tuberculose-paludisme, imaginé par Chirac en 1997, voit ses ressources stagner cette année à 1,3 milliards par an, le Président français semble avoir oublié sa promesse du G8 de Gênes en 2001 que « le Fonds mondial atteigne rapidement 10 milliards de dollars. » En effet, le gouvernement français a annoncé le 1er décembre dernier la stagnation à 200 millions de dollars cette année de l’effort français en matière de lutte contre la pandémie. Par contraste, Tony Blair a annoncé un doublement de 450 à 900 millions de dollars. À noter, Tony Blair a su dégager cette somme du budget régulier de l’Etat britannique ; il n’a pas placé comme pré-requis la mise en place de taxes internationales avant de mettre la main à la poche.
Jacques Chirac a ainsi beau jeu d’affirmer à Davos son soutien pour les taxes internationales, moins d’un mois après avoir appelé à une baisse des impôts en France.
Les taxes internationales, pour essentielles qu’elles soient à long terme, ne constituent en rien une réponse à la crise actuelle du financement de la lutte contre le sida. Ne serait-ce que parce que s’y opposent avec véhémence les Etats-Unis (que ce soient les Républicains ou les Démocrates) et le Japon, qui à deux concentrent déjà 40% du PNB de la planète.
Jacques Chirac doit donc commencer par tenir les engagements qu’il a déjà pris, et aligner la contribution française à la lutte contre le sida en 2005 sur celle de la Grande Bretagne (soit 900 millions de dollars), et affecter l’augmentation au sauvetage de l’initiative « 3x5 », dont la vie de 3 millions de malades du sida dépend.
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