Les forces de police instrumentalisent la santé des travailleurSEs du sexe comme axe de pression et de répression à leur égard. En leur confisquant leurs préservatifs, en les interpellant au sortir des bus de prévention, ou en les poursuivant jusque dans les locaux des associations de santé communautaire, elles exercent sur les prostituéEs un chantage à la santé aussi éthiquement insupportable que meurtrier.
La prostitution est repoussée par cette répression dans des zones de non-droit et de clandestinité où les actions de prévention sont rendues impossibles. Les agressions se banalisent, de même que les exactions policières à l’encontre des prostituéEs : humiliations, violences, abus de pouvoir ou violation de leurs droits fondamentaux.
Dans ce contexte de stigmatisation, les clients ont repris le pouvoir sur l’acte prostitutionnel. Les tarifs sont divisés par 2 ou par 3. Les demandes de rapports non protégés sont quotidiennes et les prostituéEs sont fragiliséEs dans la négociation du préservatif. La stigmatisation accrue des travailleurSEs du sexe les éloigne plus encore du système de soins et de toutes autres structures institutionnelles.
Le bilan est là et se chiffre en vies humaines. Face à la catastrophe sanitaire qui s’annonce, nous attendons de Nicolas Sarkozy une réaction à la hauteur de sa responsabilité.
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