Sida, le Guide des droits sociaux
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Le traitement de la douleur

publié en ligne : 30 juillet 2003

 

A une époque où la sensibilisation au traitement de la douleur est en train de porter ses fruits, rien n’empêche que les malades usagers de drogues bénéficient de ce progrès. Une circulaire de la DGS du 30 juin 1996, autorise la prescription de morphiniques pour le traitement de la douleur en fin de vie.

Cependant, pour que le traitement reste efficace et qu’il ne présente pas de danger pour vous, vos consommations parallèles et/ou votre tolérance aux produits devront être prises en compte. Faites état notamment de vos consommations d’opiacés : le cumul d’un traitement morphinique avec une consommation d’héroïne ou de méthadone peut provoquer une overdose ; la prise conjointe de Subutex® et de morphine expose à des réactions très violentes, du type crise de manque.

Lors d’une hospitalisation

Un certain nombre d’hôpitaux disposent d’Equipes de coordination et d’intervention mobile auprès des malades usagers de drogue (ECIMUD). Il s’agit d’équipes pluridisciplinaires, constituées de médecins, de personnels soignants et de travailleurs sociaux. Leur objectif est de faciliter la coordination des soins pour les malades usagers de drogue, de soutenir et de conseiller les services cliniques sur les particularités de la prise en charge de ces patients (adaptation de traitement, problèmes relationnels, sevrage, mise en route de traitements de substitution, etc.), d’informer et de former l’ensemble des personnels de ’hôpital, et d’être un relais avec les professionnels de ville. Les personnes qui travaillent dans ces équipes connaissent généralement mieux les problèmes rencontrés par les usagers de drogues que le reste du personnel hospitalier.

Renseignez-vous sur l’existence d’un ECIMUD au sein de l’établissement où vous êtes hospitalisé, et n’hésitez pas à y recourir.

Le cannabis thérapeutique

De nombreux malades fument du cannabis, pour se libérer de douleurs ou de nausées, pour retrouver l’appétit, pour se détendre, pour dormir. Beaucoup sont porteurs du VIH. D’autres sont atteints de cancer, de sclérose en plaque, d’arthrite, souffrent de crise d’épilepsie, ou encore d’autres maladies. Le cannabis ne permet pas de soigner des affections aussi complexes, il n’est pas efficace notamment contre le sida. Mais il permet à beaucoup de soulager des effets secondaires de la maladie ou des traitements.

Ses vertus thérapeutiques ont à tel point été démontrées par leur utilisation qu’un certain nombre de pays ont fini par faire évoluer leur législation pour tolérer son utilisation à des fins médicales. C’est le cas par exemple du Canada, de la Suisse, de la Belgique, des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne, mais aussi d’un certain nombre d’Etats américains (la Californie, l’Arizona, l’Alaska, Hawaï, le Maine, le Nevada, l’Oregon, Washington), aujourd’hui en conflit avec la Cour Suprême des Etats-Unis, qui entend faire respecter son interdiction totale. En France en revanche, la situation paraît largement bloquée.

Que dit la loi en France ?
Le cannabis est classé parmi les stupéfiants, il s’agit donc d’une substance dont l’emploi, la cession (le don), la possession, la vente et la production sont interdits. La loi française en matière de drogue est inspirée des conventions internationales qui le classent parmi les substances dépourvues de tout intérêt médical, c’est pour cette raison que son utilisation dans des visées thérapeutiques reste si difficile en France.

La législation française (loi du 31 décembre 1970) punit l’usage de cannabis de 2 mois à 1 an de prison et jusqu’à 3 800 euros d’amende ; et la cession ou l’offre en vue d’une consommation personnelle de 5 ans de prison et environ 76 000 euros d’amende. Le don est également puni par la loi.

L’autoproduction (la culture de plants de cannabis à la maison ou dans votre jardin) n’est pas non plus autorisée. Au minimum elle peut vous faire tomber sous l’accusation d’usage ; si les quantités cultivées paraissent importantes, vous risquez en plus d’être accusé de trafic.

Enfin, depuis janvier 2003, le Code pénal punit la conduite automobile « sous l’influence de stupéfiants » de 2 ans de prison et de 4 500 euros d’amende. Cette loi ne prévoit pas de seuil pour les drogues illicites, à la différence de l’alcool.

Attention : les traces de consommation de cannabis peuvent rester dans le sang jusqu’à sept semaines.

Une perspective : l’association PRISAM
L’association PRISAM (Patients et réseaux d’information sur une alternative médicale) milite pour la reconnaissance de l’usage thérapeutique du cannabis. Son but est de mettre en place un réseau d’information et d’entraide regroupant patients et médecins autour de thérapies non utilisées. Peuvent en devenir adhérentes les personnes souffrant de maladies, douleurs ou effets secondaires pour lesquelles le chanvre peut être employé, et les membres du corps médical. Son principe est de faire sorte que les médecins de patients qui demandent à être soignés avec du cannabis interdit en France les adressent à des confrères étrangers, dans les pays où le cannabis thérapeutique est légal. Sa prescription se fait alors de façon très prudente, en fonction d’un diagnostic médical précis.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter sur notre site Internet nos revues Action=Vie n°50, consacré au cannabis thérapeutique ou le dossier de Protocoles n°28.

Avertissement

Depuis 2003, de nombreuses informations publiées dans notre guide des droits sociaux sont devenues obsolètes (sur le PaCS, le handicap, la prise en charge par la sécurité sociale, etc.). Les entrées vont être progressivement mise à jour en ligne. Une réédition du guide est prévue pour 2008.

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